Chapitre 1 Pour aller plus vite, raccourci vers la page du dernier chapitre mis en ligne *(nouveau chapitre en ligne! ) MOI

Emma



- Ecoute ma puce, j'ai promis à ton père de te garder ces deux semaines et je lui tiens parole, m'annonça David.



J'allais sûrement passer de très bonnes fêtes (vacances de Noël) . C'est évident. A m'ennuyez à mourir dans une magnifique chambre d'hôtel grisâtre. David est le meilleur ami de mon paternel depuis l'enfance c'est pourquoi il a ma garde pendant la période où mon père part en voyage d'affaire. D'habitude, il ne me quitte jamais pour très longtemps ou alors sa destination n'est pas très loin. Mais cette fois-ci, il devait se rendre à Sydney – complètement de l'autre côté du pacifique - (j'habite en Californie, pour le moment). Bon, j'allais profiter de ce temps pour faire un petit « break », histoire de faire le point dans ma petite vie. Je n'habite qu'avec lui car mes parents ont divorcé lorsque j'étais très jeune. Je tenais à peine debout. Je n'ais aucun souvenir de ma mère mise à part quelques clichés.

Ma scolarité est assez difficile, vu que je déménage tout le temps, je n'ais guère le temps de me faire des amis. Mais bon, je survis et mon père est un vrai acolyte pour moi. C'est pourquoi, je pense que je vais avoir du mal à lui téléphoner peu souvent pendant son absence.



- Ok. Mais je vais faire quoi de mes journées moi ?


C'est vrai ça, j'allais m'ennuyer à mourir. Entourée de mes quatre murs, j'allais devenir folle >< . David me regarda en haussant les épaules et leva un peu le coin de la bouche – comme si il en avait rien à faire – puis se retourna vers le porteur. Ah qu'est ce qu'il m'énerve, je ne sais pas ce qui me retenait de péter une crise en plein hall. Il ne m'écoutait même pas et n'arrêtait pas de me ridiculiser depuis qu'il m'a récupéré à l'aéroport, j'ai pas une tête de clown quand même.



- Montez mademoiselle dans sa chambre, s'il vous plaît, ordonna David en tendant les clés à un homme vêtu d'un ensemble blanc impeccable.
- Très bien.


Il s'exécuta et me fit signe d'un geste de main très courtois de l'accompagner. Voyant ceci, j'empoignai tout ce qui traîner par terre m'appartenant, fusillai une dernière fois David du regard à ma plus grande satisfaction et m'engouffrai dans un magnifique ascenseur miroité. Je devais compatir le pauvre bagagiste qui dût se coltiner toutes mes volumineuses valises à monter. J'avais presque emmener toute mon armoire >< . Le trajet en monte-personne fût d'un ennui mortel, imaginez en votre présence quelqu'un dont le seul interêt est une porte. Je louchais de temps en temps en espérant un mouvement de sa part mais rien. Il avait aussi une tendance à nuancer de couleur d'épiderme - dans la zone des joues – et se montrait stresser. Il arrivait à peine à aligner trois mots lorsqu'il me requérait quelque chose.
Ca y'est nous sommes arrivés. Enfin. Le petit signal mélodieux de l'ascenseur indiquant le septième étage avait retentit.


*


Mes bagages étaient rangées dans des cases prévus à cet effet. Finalement, c'était pas si mal et ça fait du bien parfois de se retrouver seul. Je ne connaissais pas grand chose de ce pays, la France. Je n'y avais même jamais été. Avec Paris sa céleste capitale et tous ses monuments. J'étais contente de pouvoir enfin visiter cette ville étrangère. David, apparemment, était manager d'un groupe. On verra ça.. J'avais pris une bonne douche et me regardais une série qui passait cet hiver à la télé. Une espèce de Melo culte ou un peu comme Les feux de l'amour. Mais au bout de dix minutes, ça devenait vraiment écrasant. Très désespérant. Ca fout le moral à zéro. Je ne réfléchis pas plus de cinq secondes que mon doigt avait déjà pressé sur le bouton off de la télé et je m'étais déjà transportée dans le couloir pour me rendre à la chambre de David. Pas très loin de la mienne. La porte était entrouverte alors je me permis d'entrer. Encore au téléphone, toujours au téléphone. C'est à se demander si il n'était pas tout simplement scotcher à son oreille. Je lui balançais de grands signes de bras en articulant « Ecoute moi, s'il te plait » mais il pivota le dos et s'enferma à clé dans la salle de bain. Mes bras retombèrent ballants le long de mon corps et je poussai un soupir de contrariété tout en m'affalant sur le lit. Je fermai les yeux.


*


- Emma !! Réveille-toi, dépêche-toi, me balbutia David en me secouant
- Hein, quoi, qu'est ce qui y'a ?
- Je m'absente pendant une heure, je reviens te chercher tout à l'heure, tu ne bouges pas, c'est compris ?
- Oui d'accord..


Pas obligé de claquer la porte ><. C'est à peine si il avait entendu mes dernières paroles. Soudain, j'éprouvais un léger sentiment de mépris vis-à-vis de cette mise à l'écart, cette façon dont on me laisse en plan dans une salle, ce qui m'était étrangement familier, sûrement à cause du divorce de mes parents. Ca me faisait beaucoup de mal de ne pas connaître ma mère, je rêvais tant d'elle, de pouvoir me réfugier contre elle, qu'elle m'apprenne tant de choses. Mais je devais l'oublier, se remémorer tout ça me torturer plus qu'autres choses. Elle nous a abandonner.
Je regagnai ma chambre et me lançai dans la lecture de mon livre qui me sortait de mes pensées et me changeait les idées. C'était une histoire triste et cocasse à la fois. Beaucoup de questions se bousculaient dans ma tête. Des questions qui me travaillaient énormément depuis toujours.


*


Une heure plus tard, et disons quelques minutes, j'attendais un manifestement de David. J'attendais. Je n'avais que ça à faire maintenant. J'étais assise sur le rebord de mon lit et tripatouiller ma manche en l'enroulant autour de mon index. Le regard clouant le sol, pertinent pour mon ego. Tu deviens débile ma pauvre Emma.


- Ah ben t'es là, désolé du petit retard, tu viens, on va manger ?



David était enfin parvenus ici et me souriait agréablement, sa tête passée à travers la fente de la porte.


- J'arrive.


Sur ces mots, je me levai et le rejoignis dans le couloir en empoignant au passage un petit gilet. C'est qu'il ne fait pas chaud en hiver, banal quoi. Je ne savais absolument pas où est ce qu'il avait l'intention de m'entraîner. Pendant le parcours, il me racontait certaines de ses anecdotes avec mon père. J'aimais rire de leurs bêtises. La plupart était à se tordre de rire quand on voit leurs sérieux maintenant. La rue était animée, de la musique jaillissait des différents restaurants, beaucoup de petits couples se baladaient main dans la main, des animations.. et pleins d'autres choses charmantes encore. David s'arrêta devant l'un des restos et examina le menu.


- Celui là te convient ? m'interrogea-t-il
- Oui. Il a l'air pas mal, allons-y.


Tous deux nous traversâmes les tables installées dehors et pénétrâmes à l'intérieur. La déco était assez actuelle, c'était très jolie. Un homme sympathiquement habillée vint à notre rencontre et, sur la demande de David, nous installa à l'extérieur. Il nous munis des menus et nous fit part de quelques suggestions du chef puis disparût à l'intérieur.


- Tu prends quoi ? demandai-je la tête dans le menu.
- Une pizza. Et toi ?
- Ben, pareil.



Le serveur réapparût une dizaine de minutes plus tard et nota nos commandes. Ne sachant pas quoi faire, je m'amusai à dessiner des choses sur mon set de table avec mon couteau. David observait mon comportement de petite gamine très minutieusement et se mit quelque peu à rire. Ben quoi ? >< . Je ne m'en occupai pas, j'en avais marre de gaspiller ma salive quand je savais qu'il n'allais pas s'abstenir. Je relevai la tête et pris la parole en lui soumettant une bonne tonne de questions afin de le connaître davantage. Tout compte fait, il avait l'air d'avoir une vie des plus captivantes. Il voyageait beaucoup à travers toute l'Europe et connaissait énormément de trucs.
Nos pizzas arrivèrent enfin. Elles avaient l'air tellement savoureuses que je me léchai les babines et manifestai un « Huuuuum ! ». David me souriait et nous nous plongèrent dans la dégustation de notre festin..

Je n'en pouvais plus, mon ventre était chargé à craquer et pourtant il me restait encore une part. Allez, un effort Emma. C'est pas de ma faute si j'ai un petit estomac. David avait déjà fini et m'observait toujours en ricanant. C'est vrai que c'était pas beau à voir, je mangeais avec une telle grâce. La pizza dégoulinait de partout. J'étais atrocement concentrée sur ce bout qui me restait.


*


Après notre dîner, nous sommes rentrés à l'hôtel. Nous avons pris places dans un petit salon assez luxueux et siroté un cocktail. Nous dialoguâmes encore et encore. On avait beaucoup de choses à se dire decidemment. Je suçotais l'ornement sucré de mon verre.



- Oh David, tu fais quoi à cette heure là en compagnie d'une si jolie fille ?



à suivre...





# Posté le lundi 06 août 2007 06:55
Modifié le samedi 12 juillet 2008 07:06

Chapitre 2

Chapitre 2







Je me retournai suite à ces voix pour en découvrir l'auteur. Quatre adolescents dont deux étonnamment vêtus nous dévisageaient. L'un – habillé d'un pantalon large et d'un très grand t-shirt – avait la main posait sur l'épaule de David. Un autre avait les cheveux noirs et longs, le troisième paraissait plus âgé que les autres et avait une apparence qui me laissé une impression de déjà vu lors de mes vacances sur les côtes californienne. Le quatrième possédait un style simple. David semblait gênée de me les exposer. Il m'indiqua vite fait leurs noms et m'ordonna de regagner dans ma chambre immédiatement. Ils me contemplèrent tous passer. Je suis pas une bête de foire, merci ! J'empruntai les escaliers, l'ascenseur est moins sportif. Et sans m'en rendre compte, j'atterrît très vite sur mon lit.




Le lendemain matin, le soleil passait à travers les petites rainures des volets. J'ouvris péniblement les yeux. Ma chambre avait une atmosphère agréable qui me laissait mélancolique. Le lit était si confortable, impossible d'en décamper. Mais il le faut bien si je veux tenter une bonne journée sans ronchonner. Je rabattis ma couverture et posai mes deux pieds par terre en commençant par le droit (xD). Je m'infiltrai dans la salle de bain et accomplit toutes les petites préparations du matin. Mon ventre poussa un grondement de famine. David n'était apparemment pas réveillé donc je descendis au self-restaurant de l'hôtel seule. Une fois mon plateau en main, je choisis un bon petit brunch et m'installai à une petite table inoccupé. Le nombre de personnes déjeunant était faible. Je savourais mon croissant tout en m'interrompant avec quelques gorgées de jus d'oranges. La grande baie vitrée donnait sur un jardin magnifique. L'herbe était d'un vert vif et les fleurs resplendissaient. Les arbres étaient grands et majestueux. Ils offraient de légers voiles d'ombres à qui conque se placer sous leurs branches. Mon attention fût retenue sur un petit nid où logeait des petits oisillons. Leur génitrice prenait soin d'eux, elle avait l'air d'y tenir comme à la prunelle de ses yeux. C'était très émouvant.


- Ah, tu es là ! Je me faisais du soucis.


David me fis revenir à la réalité en faisant légèrement vibrer la table. Ce qu'il ne comprenait pas, c'est que j'étais quand même assez grande pour me débrouiller toute seule et qu'il n'avait pas besoin de se faire de « soucis » mais ça avait l'air de lui faire plaisir de jouer le « deuxième papa » alors je ne rechignais pas. Je lui envoyai un sourire et ingurgitai un morceau de croissant.


- Désolé. Tu prends ton petit déj' avec moi ?
- Oui mais pas longtemps. Les garçons me retrouvent dans dix minutes.



Il alla se quérir un café et vînt me tenir compagnie. Il occupé place en face de moi et soufflé de temps en temps sur son crème fumeux.


- En parlant de ton groupe. Pourquoi tu as eu cette réaction hier soir ? Il releva la tête et me regardait dans le blanc des yeux, interrogatif.
- Quel réaction ?
- Il était que dix heures à peine et tu m'envoies me coucher, puis tu n'as pas perdu de temps à faire les présentations non plus.. je trouvais ça bizarre !
- Je suis désolé , j'avais juste des choses à leur dire. Mais maintenant c'est arrangé. Sinon tu fais quoi aujourd'hui ?
- Je sais pas.. Je vais peut-être aller faire un tour en centre-ville, et j'ai jamais vu la tour Eiffel.
- Ok. Mais fais attention à toi, s'il te plaît. Je m'en voudrais énormément si il t'arrivais quelque chose.
- C'est promis.



Nous étions sur le point d'achever nos verres et tasses quand j'aperçût le prénommé Bill à l'entrée du self. Il balayait la salle du regard, sans doute en espérant d'y repérer David qui lui ne pouvait le voir dans sa position. J'observais chacun de ses mouvements mais détournai mon regard lorsque le sien croisa le mien. Je ne pouvais plus rien décrire maintenant car le seul objet que j'avais sous mon nez était mon jus de fruits. Ma paille dans ma bouche, je sirotais le fond.


- Hé, David, bien dormi ?


Je relevai la tête en aspergeant un peu le contour de mon verre, toujours la paille à la bouche ><. Honte à ma pauvre petite personne. Bill avait une main sur l'épaule de David et se contenta de me sourire brièvement en guise de Bonjour. David se retourna et rabaissa la tête tout de suite après avoir découvert Bill. Il scruta sa montre et fît un air épouvanté.


- Oulla ! On va être en retard nous. A plus tard Emma.
- Ok..
chuchotai-je


Ce comportement me laissait perplexe. David entraîna Bill à l'extérieur, limite si il ne le chassait pas. Ils ne s'étaient même pas retournés. A nouveau seule, je débarrassai mon plateau aspergé de jus d'orange puis quittai les lieux.


*


Cette journée avait été magnifique. J'avais découvert des célèbres monuments parisiens, fait quelques emplettes, observait le ciel gris d'hiver sur le champ de Mars et même pris des chinois en photo (xD). Evidemment, j'avais aussi fait le tour de quelques jolies boutiques, sans en ressortir les bras vides. J'étais épuisée et ne pensais qu'à m'affaler sur mon lit. Au coin de la ruelle, j'aperçus enfin l'hôtel et poussai un souffle de soulagements. Devant celui-ci beuglait une foule de filles agitées. Je réfléchis cinq minutes à la cause de ce rassemblement et, soudain, la présence du groupe dans l'hôtel me revînt à l'esprit. Elles devaient toutes être là pour eux. Je me frayai avec difficulté un chemin à travers ce troupeau pour pouvoir atteindre la porte garder par plusieurs garde du corps fortement musclés. Ils avaient de grosses lunettes noires et au moment où je voulus rentrer, ils me stoppèrent dans mon élan.


- Vous n'avez pas le droit d'entrer mademoiselle. Désolé. Je détestais sa façon de me regarder de haut.
- Mais je suis cliente, Monsieur !
- Et moi je suis le président, des centaines de filles ont essayé ce coup là avant vous alors vous perdez votre temps.
- Non mais dîtes-moi qu'je rêve, c'est quoi ces manières,
je passai un bref coup d'½il sur sa broche où était inscrit son nom, Alfred, à traiter les clients comme ça, vous allez perdre votre boulot !
- Bon allez jeune fille, on libère le chemin.



Ce garde me tapait sur les nerfs. J'étais crevée et je devais encore joindre David et attendre qu'il vienne me chercher. Je lui passai donc un coup de téléphone et il m'ordonna de ne pas bouger. En un rien de temps, il était déjà là, devant moi. Il me prit par le bras et expliqua à monsieur Alfred les circonstances. Pour me venger, je lui tirai durement la langue et m'engouffrai à l'intérieur. Le groupe était installé au fond d'un divan dans le salon et même ayant remarqué mon débarquement, aucun ne m'adressa un « Bonjour » ou « Salut, comment vas-tu » au contraire de hier où tous voulait faire ma connaissance. Comportement anormal comme si quelque chose les avaient brouillés.


- Tu montes ? Je dois terminer l'interview, j'en ai pour quinze minutes. Je te rejoins.
- Oui.. mais je serais peut-être sous la douche. A tout à l'heure.



Sans perdre de temps, je m'empressai de me libérer de mes paquets en arrivant dans ma chambre. Je fis un tour sous la douche en me passant un jet d'eau froide sur les jambes. Elles me faisaient males et me paraissaient extrêmement pesantes. C'est peut-être moi qui suis lourde tout court ><. Emberlificotée de ma serviette blanche, je me passai délicatement un peu de crème sur le visage puis m'installai sur mon lit. Je me sentais à présent, bien. Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas sentis ainsi. Libre. Sereine. Eloignée de tout. Après cette brève durée d'exalte, j'enfilai mes habits et au moment où j'infiltrai mon pied dans ma chaussette, la dernière chose qui me restait à faire, quelqu'un frappa à la porte ce qui me fis bondir et par la suite, aplatie comme une crêpe sur le sol.


- Oups. Désolé. Je t'ai fais peur ?
- Non, c'est bon !
Je me relevai après cette chute brutale.
- Dis.. Euh.. ca me dérange un peu.. mais..
- Mais ?
- Une journaliste m'a invité à dîner ce soir.. ca te dérange pas ?
- Hum, je vois.
Je lui faisais un grand sourire, cette fois c'étais à mon tour de pouvoir rire de lui. Et comment elle s'appelle ?
- Contente toi de me donner une réponse.
- Non, ça me dérange pas.
- Génial. Bon ben fait pas trop de bêtises et pour ce soir, je préfère que tu restes dans ta chambre. Je te ferais monter un repas.
- Ok..



Alors en plus j'allai resté cloitrer dans l'hôtel mais le pire c'est que c'était même pas l'hôtel, c'était ma chambre. Quel culot ! Une fois qu'il franchît la porte, une appétence folle me poussait à désobéir à ses ordres.






# Posté le jeudi 09 août 2007 13:41
Modifié le mardi 24 juin 2008 15:38

Chapitre 3

Chapitre 3







Enfin pas pour le moment vu que je devais patienter mon repas. En attendant désespérément l'arrivée de quelqu'un, je m'assis dehors afin de contempler, ce que je pouvais, du coucher de soleil..


*


Une vingtaine de minutes plus tard, un « toc, toc, toc » me fit comprendre la livraison de mon dîner. Je m'empressai d'aller ouvrir, à l'ouverture de la porte, un charmant serveur souriant – montrant toutes sa dentition - me fixait. Hum. Magnifique. Il me tendait un plateau joliment décoré. Je l'invitai à rentrer.


- Posez ça sur la petite table devant la fenêtre, là bas.
- Très bien mademoiselle.





Je lui faisais mes plus beaux sourires séducteurs en essayant tant bien que mal de retenir son attention. Je ne suis pas du tout raisonnable mais après tout, je pouvais exécuter tout ce que je voulais, « dans » ma cellule de prison. En l'examinant un peu, il avait la physionomie d'une personne ayant une vingtaine d'années.



- Je vous souhaite un bonne appétit. Au revoir.


Oh ben non, part pas. Pas très drôle pour un mec canon. Je tentais de le suivre jusqu'à la porte en le séduisant quelque peu mais il gardait un air neutre comme s'il n'avait rien en tête et ne voyait rien. Enervé sur le coup, je claquai la porte en me parlant à moi-même et en grimaçant « Quel idiot » . Désespérée par les événements, ma démarche était molle et mon regard se posa sur le téléviseur. Je me munis de la télécommande et déclencha l'allumage. Pendant la dévoration de mon repas, je visualisais le film du soir qui se devait d'être « Les visiteurs » , enfin un peu d'humour dans cette chambre.


*


Mon souhait de sortir de mon trou était perpétuel. J'avais envie d'aller me divertir en boîte ou de prendre un verre dans un bar, mais impossible. David avait sûrement ordonner aux gardes de l'hôtel de me surveiller afin que je ne sorte pas. Il me passait aussi deux coups de fil par minutes. Ma masse corporel était lourdement déployée sur mon lit, je fixais le plafond - blanc comme neige – et soupirait de morosité. Je pourrais aller m'aventurer dans les couloirs mais pour quoi faire ? Ou alors, tenter de persuader Musclor Alfred de m'autoriser une petite excursion nocturne.. ou bien.. tout simplement... prendre un verre au salon de thé. Mais oui, que je suis intelligente 8) . A prés tout, en descendant au rez-de-chaussée, je reste dans l'hôtel, ce n'est pas un crime d'aller me désaltérer..

Ma décision étant prise, je clorais l'entrée de ma chambre et entamais le parcours menant en bas. Dans le couloir, je croisais quelques femmes de ménages faisant leur boulot ainsi que une ou deux familles rentrant de leurs escapades. L'ascenseur ne me parût pas bien loin. Une vieille dame patientait devant celui-ci. Je fis de même en m'adossant sur la paroi du mur. Cinq minutes plus tard, je prenais racines. La centenaire aux cheveux drus et ébouriffés s'appuyait sur son bâton et me scrutait bizarrement ce qui me faisait frétiller de terreur. Elle avait une apparence glaciale. Deux bonnes raisons pour que j'emprunte les escaliers. L'attente infini et la sorcière prête à me jeter un sort. Je n'attendis pas une seconde de plus et culbutai les portes battantes portant sur la cage d'escalier. Je les dévalai tranquillement pendant dix bonnes minutes, entre le rez-de-chaussée et le septième étage, il y a de la marge.

Le hall était désert à cette instant-ci. A l'exception des gardes dehors et de la réceptionniste, les yeux plantés sur son ordinateur. Mes pas terminèrent la marche vers le salon et je pris place dans un recoin. Les banquettes étaient d'un tel confort et les coussins si moelleux.. Certes je n'avais pas beaucoup de compagnie même pas du tout mais l'atmosphère chaleureuse de cet endroit me faisait tout oublier. La musique était sucrée, quelques personnes bavassaient entre elles et le décor était d'un style plutôt marocain. Un serveur vînt me sortir de mes pensées paradisiaques.


- Bonsoir, je vous sers quelques choses ?
- Euh.. oui. Un verre de punch ça m'ira, s'il vous plaît.
- Tout de suite.
- Deux.
Prononça une autre voix.



Une silhouette venait d'apparaître et c'est en s'approchant que je pus distinguai un des garçons du groupe. Bill, plus précisément. Je ne savais ce qu'il venait faire ici car d'après David, ils avaient tous beaucoup de travail.


- Je peux m'asseoir ?
- Oui, bien sur.. mais qu'est ce que tu fais ici tout seul ?
- Les autres sont partis en boîte et j'avais pas trop envie d'y aller. J'ai voulu descendre boire un truc ici et je t'ai vu toute seule alors je me suis dis que je pourrais peut-être te tenir compagnie...
- C'est gentil mais ça ira... enfin bon maintenant que t'es là.. tu peux rester si tu veux.
- Ok merci.




Après un temps de silence agaçant, le serveur nous apporta nos commandes et repartît sans un mot. Je bus une petite gorgée et Bill brisa ce calme pesant.


- Sinon... tu connais David ?
- Ben ouai, comme t'as pu le voir à certain moment quand je discutais avec lui..




Face à son air interrogateur, je savais qu'il voulait en savoir plus sur cet connaissance et même plutôt ma vie, pourtant il restait silencieux. Peut-être qu'il n'osait pas me questionner ; On ne se connaît pas du tout alors ça paraîtrais un peu indiscret, c'est vrai.


- Je t'explique.. mon père est parti en voyage d'affaire à Sydney et comme David est son meilleure ami, il m'a laissé avec lui le temps de son absence..
- Ah d'accord.. et ça va ? Il est pas trop chiant avec toi ?



Cette question m'e fit pouffer de rire.


- Je le trouve un peu collant et trés caractériel.. Ce soir, il ne voulait même pas que je sorte de ma chambre..

Il m'adressa un sourire.

- Ma pauvre.. mais alors fais attention à ce qu'il ne découvre pas que t'es sortie parce que quand il s'énerve, vaut mieux pas être dans les parages..
- Oui mais ce soir, il est sorti avec une journaliste qu'il a rencontré aujourd'hui.. A mon avis, il ne va pas faire attention à l'heure.. enfin je l'espère..
- C'est sûrement celle qui nous à interviewer cette après-midi. Elle était plutôt canon et David n'arrêter pas de la reluquer.
- Il ne m'avait pas parlé de son côté pervers..



Nous nous mîmes tout deux à rire de cette conversation plus que passionnante. Cela m'avait sortit de mes raisonnements sordides et le fait de parler à quelqu'un d'autre dans cet endroit magique me faisait le plus grand bien. Je me sentais décontractée comme si le temps s'était arrêté. Et moi aussi j'avais envie d'en savoir un peu plus sur lui.



- Et donc vous êtes un groupe avec tes autres copains ?
- Oui. Là, on est venu en France pour un concert, on reste une semaine et après on repart en Allemagne pour d'autres concerts..
- Ca doit être super, chaque semaine de découvrir de nouveaux pays..
- Oui, c'est vraiment génial. J'avais toujours rêvé de faire de la musique et de voyager.
- Ok. Bon c'est pas que ça m'ennuie de discuter avec toi mais je me sens fatiguée. J'vais monter me coucher.
- Bonne nuit alors.




Je lui souris puis quittai les lieux. Cette soirée avait été des plus agréables. Je m'étais bien amusée et avais appréciais discuter avec Bill. J'espérais recommencer un de ces jours à venir. Le punch me faisait un peu tourner la tête, je ne savais même plus ce que je disais. Lorsque j'atteignis mon étage, ma tension grimpa à toute vitesse et mon c½ur se mit à bondir hors de ma poitrine. Owh me*de ! David venant d'apparaître à l'autre bout du couloir, je sentis mes pieds ralentir peu à peu. Il s'immobilisa au niveau de ma porte et m'attendait les bras croisés, l'air enragé. J'allais incontestablement passer un sal quart d'heure.


- Où étais-tu ? dit-il d'un ton à vous glacer le sang.
- J'étais.. euh.... En bas .. au salon.
- Je t'avais pas dis de rester dans ta chambre ?
- Mais..
- Tais-toi. J'ai ta garde et je ne veux pas prendre le risque qu'il t'arrive quelque chose, tu comprends ça ?

- Oui mais..
- Mais rien, c'est très dur pour moi de me faire écouter par une adolescente. Rentre dans ta chambre et demain matin, tu attendras que je vienne te chercher. Je te conseille de respecter mes ordres jusqu'à la fin.
- David..




Il me refoula à l'intérieur et me claqua la porte en pleine face. Heureusement que je me suis un peu reculée avant, sinon j'aurais eu le nez cassé. C'était pas possible d'être aussi protecteur quand même. Je n'avais jamais vu ça. Même mon paternel ne l'étais pas autant. Mon père ? Tout s'accumule. Qu'est ce qu'il me manque. J'avais terriblement envie de lui parler, de l'appeler. Mais je ne pouvais pas le déranger. Je ne savais pas quelle heure il était à Sydney mais valait mieux ne pas essayer. Cette carence transformait mes rêves en cauchemars.



*



Je m'approche de ses lèvres qui avaient l'air si délicates et.........


- Mademoiselle ! Réveillez-vous !



Huuum. Mais que se passe-t-il ? Qui a brisé mon merveilleux rêve.. Ma vision était floue, je ne distinguait pas grand-chose à travers ma petite fente optique. La voix de David me résonnait encore dans les oreilles. Je m'en voulais un peu de ne pas être rester dans ma chambre, mais cela m'avait apporté un peu de bien-être .. Ma main se perdue au niveau de mes cheveux et j'ouvris les yeux afin de voir un peu plus clair.


- AAHHHHHHHH ! Mais que faîtes-vous ici ?
- Je suis désolé mademoiselle, c'est Monsieur Jost qui demande votre réveil.
- Oh mais voyez-vous dans quel état je suis ? Retournez-vous je vous prie.
- Tout de suite mademoiselle.





# Posté le dimanche 12 août 2007 15:08
Modifié le mardi 24 juin 2008 15:39

Chapitre 4

Chapitre 4




Je ne pensais pas qu'il aurait pu me faire ça. J'étais en petite tenue de nuit et par la force de la chaleur, j'avais du retirer ma couverture cette nuit. L'horrible gêne me fit rougir comme une tomate. L'écran numérique de mon réveil affichait sept heures quarante sept, c'était beaucoup trop tôt pour mes pauvres petits yeux. Je suis condamnée à ressembler à un zombie toute la journée maintenant. Je rabattue la couverture sur moi et poursuivit :


- Vous n'êtes pas obligée de rester planté là, je sais m'habiller toute seule.
- Très bien. Mais ne tardez pas trop, monsieur Jost vous attend
- Oui oui,
répondis-je avec un ton agacé.




Sur ceux, l'homme de service disposa de ses devoirs et disparu de ma vue après avoir passer l'arcade qui me servait de porte. Je bondis de mon lit et déboucla la fermeture de ma valise. Je me munis de ma jupe en jean et d'un t-shirt puis je m'en vêtit. Après l'arrangement de mes cheveux, je fis un bref tour devant le miroir afin de constater le travail. Le désastre total ! Je n'avais rien fait pour arranger mon manque de sommeil mais bon, tant pis. Il ne fallait pas que je m'attarde là sinon j'allai encore goûter aux grognements pénible de David. Je m'appropriai de mon sac à main et déboulai à l'accueil.
Il causait avec son groupe. Tous se retournèrent à mon arrivée précipitée. J'étais complètement essoufflée par cette descente en trompe et tentais de reprendre haleine.



- Ah te voilà enfin. Bien dormie ?
- Euh.. Pff Oui... un peu de mal au réveil mais sinon ça va..
- Ok. Bon on y va parce qu'on va finir par arriver en retard avec tout ça..




Puis leurs jambes bifurquèrent vers les battants de sortie. Aucun mot ne me fût adresser de leur part. J'entrepris un rattrapage à toute vitesse avec une grande difficulté pour éclaircir mes interrogations sur notre direction.


- Eh David, on va où ?
- A une maison de disque comme ça tu pourras écouter ce que font les garçons.
- Ok.
- Mais, tu as des lunettes ?
- Euh ben non.. c'est pas trop nécessaire en hiver..
- Bon c'est pas grave mais tâche de ne pas t'arrêter lorsque nous sortirons dehors.




En effet, même de beau matin, une petite foule de fan attendait la sortie du groupe pour obtenir un autographe ou une photo. Les portes passées, les garçons griffonnaient sur des morceaux de papiers tendus à l'extrémité des bras sous le regard beat des jeunes filles. Des phrases parvenaient à mes oreilles comme « Un autographe s'il vous plaît » ou certaines beuglaient simplement « Bill », « Tom », « Georg », « Gustav » de toutes leurs cordes vocales. Des gardes optimisaient la sécurité ainsi que des barrières mais rien ne les retenaient – en parlant des groupes de groupies -. Je tentais tant bien que mal de me faire la plus petite possible mais il semblait que – pour elles – voir une fille en compagnie du groupe les mettaient dans tous leurs états. Je pus discerner des interrogations de leur part plus ou moins fortes « C'est qui la blonde avec eux ? » ; « Qui c'est elle ? » ; « Qu'est ce qu'elle fout avec eux ? ». Je fis l'indifférente et grimpai dans un corbillard noir suivis des autres. Je pris place contre la fenêtre, à côté de David. L'itinéraire fût long. Les garçons – derrière moi – dialoguaient et se permettaient quelques fous rires tandis que moi je conservais mon silence et m'amusais à dessiner des petits dessins sur la vitre dans les tâches de condensation crées par mes expirations.



*


J'étais assise sur un tabouret à côté de David qui était au contraire de moi, debout. Il y avait des milliers de touches devant moi, toutes de couleurs différentes et ayant chacune une fonctionnalité précise. L'homme à côté de moi semblait les connaître par c½ur comme si il était né avec. Il portait un gros casque sur les oreilles et étudiait le mouvement derrière la vitre..

Les quatre garçons étaient dans une pièce, complètement insonorisée du planché au plafond en passant par la porte et notre « fenêtre ». Ils étaient disposés sur des chaises hautes et étaient pleinement concentrés dans leur ½uvre. Georg jouait avec ses doigts sur sa basse gravée du nom « Tokio Hotel », Gustav tapait avec rage sur sa batterie, Tom grattait d'une finesse absolue les cordes de sa guitare et Bill ne faisait plus qu'un avec son micro, le sourire à la bouche. Nous pouvions ouïr leur prestation à travers des enceintes directement reliés à la salle de musique.


- C'est quoi « Tokio Hotel », marqué sur la basse de Georg ? demandai-je à David
- C'est le nom de leur groupe.



Il avait le regard figeait droit devant lui et semblait pénétrer par la musique. Maîtrisant l'allemand scolaire, je déchiffrais les trois quarts des paroles mais certains mots m'échappaient encore.


- On fait une pause !!! annonça le maître du clavier.


Les garçons se dégagèrent de leurs engins et sortirent nous retrouver. Je restais assise sur mon tabouret que je décrirais comme inconfortable. Ils circulèrent à côté de moi, sans même m'adresser un regard et disparurent après avoir passer une porte. David discourait un peu avec son collègue au sujet d'un concert – sûrement celui dont Bill m'avait parlé hier soir -. A priori, il aurait lieu dans trois jours. Je tournicotais sur moi-même et David m'arrêta d'un geste de bras.



- Tu viens, on va manger ?
- Oui, je commence à avoir très faim.



Il était environ une heure de l'après-midi. Nous exécutèrent les mêmes pas que les garçons il y a quelques minutes. Nous débouchâmes sur une sorte de grand réfectoire où était disposé plusieurs tables. Le quatuor était déjà aménagé, plateau rempli, et dévoré de délicieuses pâtes – du moins c'est ce qu'elles laissaient apparaître comme aspect -. Je perçus cette fois-ci l'attention soudaine d'un des membres. Tom m'accorda un vif coup d'½il ce qui me permit de lui envoyait un sourire de sympathie qu'il me rendit avant de pivoter la tête.


- C'est sympa comme endroit..
- Tu trouves ?
demanda David en pouffant de rire.


Je me contentai d'hausser les épaules. Je devais lui paraître étrange..


Après notre repas, l'ambiance n'était toujours pas là. Je n'échangeais que quelques paroles à David tandis que tout le monde riait aux éclats. J'étais en quelques sortes un vilain petit canard mais non par ma faute, à chaque fois que j'essayais de hasarder une approche, le redoutable David venait tout casser. C'est alors qu'il s'absenta en milieu d'après-midi pour aller faire une course.
Je me retrouvai seul avec moi-même, me balançant sur mon tabouret. Je n'avais toujours ni le droit de sortir, ni le droit de bouger. Cela faisait au moins trois heures que tout le monde travaillait sans relâche mais pas pour longtemps..


- Bon, on fait une pause.


Sur ceux, mon voisin décampa. Les quatre garçons quittèrent les murs de leur salle, burent un coup d'eau, s'entrelacèrent une serviette sur la nuque et vinrent dans ma direction. Bill passa deux trois coups d'½il autour de nous – comme si il ne fallait pas qu'on les voit avec moi – puis il commença :


- Salut Emma.. alors tu ne t'es pas fais chopper pour hier soir ?
- Si.. on s'est croisé dans le couloir, je croyais pas qu'il allait s'énerver à ce point..



Je détournai ma vision vers les autres qui avaient pris place sur un canapé – en face de moi - où Bill les rejoignis très hâtivement. Gustav restait muet alors que Tom et Georg portaient des propos qui m'étaient inaudibles. Je pouvais juste étudier leur comportement. Ils me reluquaient niaisement avec une espèce de petit sourire en coin qui me déstabilisait et qui me gênait horriblement. Je récupérai toute ma concentration sur Bill.


- Oui.. il est bizarre en ce moment.
- Euh.. Et vou.. vous savez pourquoi ?
- Avec toi..euh.. en partie, ..oui.
- Et donc ?
- Ben en fait euh..on a pas trop le droit de... enfin d'en..
- Allez c'est bon, ça me concerne quand même..
- Oui bon.. euh... c'est assez simple. C'est juste que.. il a peur qu'il t'arrive quelque chose et..ou que tu souffres. Il veut que tu passes de bonnes vacances... Tu te rappelles l'autre soir quand on t'as vu pour la première fois et qu'il a abrégé les présentations ?
- Oui oui...
- Après il nous a parlé.. mais pas de musiques.. il nous a parlé de toi. Des relations que.. hum.. l'on devait entretenir avec toi..
- C'est-à-dire, l'ignorance,
interrompis-je un peu désemparée.
- Non attend laisse moi finir.. certains parmi nous on tendance a se servir des filles comme de mouchoirs..


Et sur ses mots, il se tourna vers Tom et Georg – trop occupé à s'imaginer sûrement des choses érotiques - puis revînt planter ses yeux dans les miens.


- Donc il a eu peur que l'on ait... Enfin que certains.. aient des relations avec toi.. alors l'autre soir il nous a ordonné de ne pas t'approcher et de ne pas te parler..
- Ouai et c'était dur,
continua Tom.



*



Après cette journée exténuante, mon seul souhait était de dormir mais impossible. Le soir même, je dus suivre David ainsi que le groupe lors d'une soirée « privé ». De plus, je ne disposais que d'une demi heure pour me préparer. Pour la première fois de ma vie j'allai avoir la possibilité d'enfiler la merveilleuse robe de ma mère. Je n'avais jamais eu d'occasions pour la porter. Elle était tout simplement brillante et magnifique. Depuis très longtemps j'avais accorder les chaussures à talons que j'aurais l'âge de mettre. Mes cheveux étant déjà parfaitement bouclés, je n'eus nul besoin de m'attarder sur une quelconque coiffure. En fin de compte, le maquillage me prit le plus de temps. Pendant que je m'éternisais à la salle de bain pour rechercher les derniers petits détails, quelqu'un vînt frapper à la porte. Ca devait être surement David qui venait me chercher. Ma main enclencha la poignée et c'est alors qu'en tirant la porte vers moi je pus discerner Tom.


- Euh.. Salut.. mon teint devînt rouge écarlate.
- Salut Emma, David m'a envoyé te dire qu'on y allait. Il nous attend en bas.
- Ah ok. Une seconde.. j'arrive.




Je ne l'avais jamais contemplé d'aussi prêt. Je l'avoue, il était plutôt canon même très canon.



# Posté le vendredi 17 août 2007 13:49
Modifié le mardi 24 juin 2008 15:39

Chapitre 5

Chapitre 5


Il avait tendance à jouer avec son piercing plaçait sur sa lèvre inférieure ce qui le rendait quelque peu sexy. Il avait aussi des yeux très apprivoisant. Ma tiédeur corporel était monté en flèche et mon c½ur battait de plus en plus vite. Je m'asseyais sur la bordure de mon lit et enfilai mes petites chaussures. J'espère au moins que je ne me fracasserai pas la figure sur le chemin. J'agrippai ma besace et rejoignis Tom qui circula ses yeux de haut en bas et dans le sens inverse sur mon corps en me découvrant.


- T'es super jolie ce soir.. ajouta-il
- Euh.. ben merci.. toi.. tu es.. pas mal non plus.


Je lui transmis un sourire enjôleur puis clôturai ma porte. Mes chaussures étant encore une toute nouveauté pour moi du coup je vacillais un peu au sommet de ceux-ci. Dans le monte-personne, je pus remarquer très étonnement que Tom possédait les mêmes traits de visages que Bill. Des yeux semblables, une bouche similaire..


- Tom ! balançai-je pour le remettre à la réalité, je peux te poser une question ?
- Oui, je t'écoute charmante demoiselle. Déstabilisant je dois dire.
- Euh.. oui bon.. tu as un lien de parenté avec Bill ? il sourit.
- C'est mon jumeau.
- Ah ok.. je me disais bien aussi..



Mais après ces prononciations, nous conservâmes un silence absolu jusqu'à notre revenu avec le groupe. A notre arrivée, Bill et Gustav s'entraîner à déchiffrer une brochure de l'hôtel tandis que Georg et David papotaient silencieusement assis sur deux fauteuils. Je pris la direction de ceux-ci alors que Tom partit dans mon sens inverse, c'est-à-dire, regagner les pros du français. Mais juste avant que mes jambes se fléchissent pour que je m'installe au fond du divan, David se leva d'un bond et nous adressa.


- Bon on y va !


Il était chiquement vêtu et portait un parfum très agréable. Peut-être savait-il que sa journaliste allait elle aussi à cette soirée.. Dans tout les cas, ma bouche dessina un croissant de lune.



*




Pendant le début de la soirée, Georg n'arrêtait pas de me charrier sur des choses absurdes. Nous étions installés à une table entourée de gros coussins durs et carrés.


- Allez steuplé, dis moi c'que t'as fait avec Tom tout à l'heure !
- Pour la millième fois de la soirée, je te dis qu'on a rien fait, il est juste venu me chercher c'est tout.
- Ouai c'est ça.. Il s'est mis à faire la mou.



Je ne savais pas pourquoi il s'entêtait comme ça alors qu'il pouvait observer que Tom avait apparemment déjà une petite copine. Cette révélation d'ailleurs ne me rendus pas insensible. Je le scrutais discrètement passer sa main dans le dos de cette fille et l'étouffant presque de ses baisers. Une part de dégoût me détourna vers Bill. Au premier abord, tous n'avait pas l'air surpris de voir Tom s'amusait autant. Cela faisait peut-être une éternité qu'il la fréquentait..

Une heure et demie plus tard, je m'éternisais attabler ici en compagnie de Bill, Georg et Gustav. David échangeait des points de vue avec deux ou trois individus, flûtes de champagne en main, très peu de personnes dansaient – c'est-à-dire que sur de la musique classique, ça craint -. Tom manquait à l'appel ainsi que la midinette avec laquelle il flirtait tout à l'heure. Apparemment le trio en ma présence avait l'air de s'ennuyer mortellement.


- Et tu viens d'où, enfin.. t'habite où.. ? m'interpella Gustav.
- De Californie.. en fait je déménage souvent..
- Ah ok.
- Et vous, vous venez d'où en Allemagne ?
- On a un studio à Hambourg pour tout les quatre mais sinon nos familles habitent aux quatre coins de l'Allemagne.
Déclara Georg.


Bill restait silencieux mais prêtait oreille à notre conversation.


- Et sinon, question un peu plus personnelle si ça te dérange pas, t'as un petit copain ?


Un sourire se dessina sur mon visage.


- Euh.. non j'en ai pas.. c'est difficile de tomber amoureuse quand tu restes pas plus d'un mois dans la même ville.. annonçai-je avec un part de timidité.


Tous prirent un air désolé mais, le temps de quelques regards de gênes, je repris avec le sourire.


- ...Mais j'ai eu mes petites aventures.
- Il s'appelait comment ton meilleur coup ?
plaisanta Georg qui s'étouffa de rire par la suite.
- J'suis désolé, il a bu un peu trop, justifia Bill.


*


Il était prés de minuit. La salle de réception se vidait petit à petit et le buffet devenait dépourvu de mets. Tom nous avez retrouvé une demie heure avant et semblait avoir été épuisé par la soirée. A présent, les deux twins divaguaient sur divers sujets alors que Georg et Gustav se racontaient des histoires à dormir debout. Je me tournais les pouces dans mon coin, recherchant dans mon petit cerveau, une idée de sortie pour le lendemain. David – qui passa le reste de la soirée avec sa mystérieuse journaliste – vînt nous annoncer notre départ.


- Ca va ? Tu ne t'es pas trop ennuyée ? s'inquiéta-t-il.
- Non, non, j'ai passé une bonne soirée.


Evidemment cette réponse n'était pas totalement vraie. Cette soirée a été des plus ennuyeuses. Je ne vais pas dire du séjour car ça na fait que deux jours que je suis ici.

Il était à présent aux alentours d'une heure du matin, le corbillard roulait à travers la nuit noire couverte de nuages. L'atmosphère à l'intérieur était paisible. Tout le monde semblait éreinté et méditatif. Moi, je contemplais les petits flocons tombant du ciel – apparemment, pour la première fois de l'hiver, nous a fait remarquer David -. Cette neige me remémorait d'innombrables souvenirs de mon enfance comme la fois où – j'étais encore petite et je pensais que ma mère était partis pour un long voyage – j'avais confectionné ma maternel en bonhomme de neige. Bien sur, j'avais utilisé quelques un de ses habits qu'ils restaient au grenier.

Le grondement du moteur s'adoucit puis finit par disparaître. Je m'extirpai la dernière de la voiture. Toutes les fans avaient disparus, heureusement d'ailleurs. Le sol était légèrement humide et le courant d'air se révélait glacial. J'étais emmitouflé dans mon écharpe de laine chaude ainsi que mes petits gants. Nos souffles créaient des petites fumées blanches jusqu'à notre entrée dans l'hôtel.



- Bon allez, tout le monde va se coucher, sinon vous allez être crever demain matin. Expliqua David
- Moi, j'suis encore d'attaque pour aller faire un petit tour en boîte, déclara Tom avec un sourire des plus charmeurs.
- Oui mais vous pourrez lorsque le concert sera passé, je tiens à ce que vous soyez en forme.
- Bon bonne nuit, moi j'suis crevé, manifesta Georg pénétrant dans l'ascenseur.
- Et sinon, on peut pas rester un peu au bar lounge ? interrogea Tom
- Bon ok, mais une heure, pas plus.



David commença sa marche vers l'ascenseur puis fis volte-face.


- Tu viens Emma ?
- Elle peut rester avec nous !
proposa Bill en me passant un coup d'½il.
- Bon... C'est d'accord mais pas de bêtises.
- Trop cool, merci !
déclamai-je


Bon, j'étais quand même flapie mais pour une fois que je pouvais m'amuser un peu.. Après ma petite crise de joie en plein milieu du hall, nous vîmes David pénétrer dans le grand ascenseur luxueux – que Georg avait pris quelques minutes avant – puis disparaître après la fermeture des portes. Avec toutes ses émotions, je n'avais même pas pris la peine d'accomplir une chose essentielle.


- Merci Bill ! je lui laissai un baiser sur la joue.
- En demandant ça, j'ai risqué ma vie, rigola-t-il.



C'est vrai qu'en l'observant de très prés, ses traits de visages sont semblables à ceux de Tom, à l'exception de quelques endroits mais je vais arrêter de les analyser à reprise quand je m'approche d'eux...


*


Nous étions installés très confortablement au fond de sièges couleur crème encadrant la pièce. Le décor était boisé aux tons de rouge et d'ivoire et nous étions bercés par une musique jazzy. Le bar et les tables étaient d'un marbre magnifique et au centre s'imposait un miroir changeant de couleurs (bleu, fuchsia, orange, vert, rouge) au fil des secondes donnant au lieu une atmosphère magique. Les bougies disposées sur les tables rendaient le bar très intime. C'était dommage que Georg manquait ça. Mais cet endroit ne semblait leur être inconnu. En effet lorsque nous sommes arrivés, Gustav salua un des serveurs d'un geste plutôt amical – vous savez, cette façon que les garçons ont de se dire « bonjour », un coup de poing par ci, puis une frappe de l'épaule.. -.


- Ca te plaît ici (le bar) ? me demanda Tom d'une voix enjôleuse.
- Oui, c'est magnifique, j'adore ce genre d'endroit.
- Nous c'est pareil, on y vient souvent.



Mes suggestions étaient donc exactes.


- Ca fait combien de temps que vous êtes connus ? poursuivis-je.
- Euh.. deux ans.. mais moins en France, m'annonça Bill.
- Ah ok.. et vous envisagez d'allez plus loin ?
- On va tenter les Etats-Unis l'année prochaine.



Le bar semblait être quasiment plein mis à part quelques fauteuils demeurant vides, la plupart des gens passaient pour des bourgeois plein aux as. Costard et cravates sûrement de chez Calvin Klein. Les femmes portaient de magnifiques robes – peut-être Chanel ou Lagerfeld – mais à mes yeux, celle de ma mère était la plus jolie. Malgré leurs airs coincés de célibataires endurcis, certains commençaient à se trémousser au centre. Et bientôt, nous fûmes presque les seuls à rester assis.


- Vous venez danser ? proposai-je d'un ton enjoué.


Aucun ne semblait réagir. Moi qui les pensais plutôt fêtards, je me retrouve avec une bande de gros flémards.


- Bon, le temps que ma question fasse le tour de vos cerveaux, je vais me chercher à boire.


# Posté le lundi 20 août 2007 16:22
Modifié le mardi 24 juin 2008 15:40