Emma
- Ecoute ma puce, j'ai promis à ton père de te garder ces deux semaines et je lui tiens parole, m'annonça David.
J'allais sûrement passer de très bonnes fêtes (vacances de Noël) . C'est évident. A m'ennuyez à mourir dans une magnifique chambre d'hôtel grisâtre. David est le meilleur ami de mon paternel depuis l'enfance c'est pourquoi il a ma garde pendant la période où mon père part en voyage d'affaire. D'habitude, il ne me quitte jamais pour très longtemps ou alors sa destination n'est pas très loin. Mais cette fois-ci, il devait se rendre à Sydney – complètement de l'autre côté du pacifique - (j'habite en Californie, pour le moment). Bon, j'allais profiter de ce temps pour faire un petit « break », histoire de faire le point dans ma petite vie. Je n'habite qu'avec lui car mes parents ont divorcé lorsque j'étais très jeune. Je tenais à peine debout. Je n'ais aucun souvenir de ma mère mise à part quelques clichés.
Ma scolarité est assez difficile, vu que je déménage tout le temps, je n'ais guère le temps de me faire des amis. Mais bon, je survis et mon père est un vrai acolyte pour moi. C'est pourquoi, je pense que je vais avoir du mal à lui téléphoner peu souvent pendant son absence.
- Ok. Mais je vais faire quoi de mes journées moi ?
C'est vrai ça, j'allais m'ennuyer à mourir. Entourée de mes quatre murs, j'allais devenir folle >< . David me regarda en haussant les épaules et leva un peu le coin de la bouche – comme si il en avait rien à faire – puis se retourna vers le porteur. Ah qu'est ce qu'il m'énerve, je ne sais pas ce qui me retenait de péter une crise en plein hall. Il ne m'écoutait même pas et n'arrêtait pas de me ridiculiser depuis qu'il m'a récupéré à l'aéroport, j'ai pas une tête de clown quand même.
- Montez mademoiselle dans sa chambre, s'il vous plaît, ordonna David en tendant les clés à un homme vêtu d'un ensemble blanc impeccable.
- Très bien.
Il s'exécuta et me fit signe d'un geste de main très courtois de l'accompagner. Voyant ceci, j'empoignai tout ce qui traîner par terre m'appartenant, fusillai une dernière fois David du regard à ma plus grande satisfaction et m'engouffrai dans un magnifique ascenseur miroité. Je devais compatir le pauvre bagagiste qui dût se coltiner toutes mes volumineuses valises à monter. J'avais presque emmener toute mon armoire >< . Le trajet en monte-personne fût d'un ennui mortel, imaginez en votre présence quelqu'un dont le seul interêt est une porte. Je louchais de temps en temps en espérant un mouvement de sa part mais rien. Il avait aussi une tendance à nuancer de couleur d'épiderme - dans la zone des joues – et se montrait stresser. Il arrivait à peine à aligner trois mots lorsqu'il me requérait quelque chose.
Ca y'est nous sommes arrivés. Enfin. Le petit signal mélodieux de l'ascenseur indiquant le septième étage avait retentit.
*
Mes bagages étaient rangées dans des cases prévus à cet effet. Finalement, c'était pas si mal et ça fait du bien parfois de se retrouver seul. Je ne connaissais pas grand chose de ce pays, la France. Je n'y avais même jamais été. Avec Paris sa céleste capitale et tous ses monuments. J'étais contente de pouvoir enfin visiter cette ville étrangère. David, apparemment, était manager d'un groupe. On verra ça.. J'avais pris une bonne douche et me regardais une série qui passait cet hiver à la télé. Une espèce de Melo culte ou un peu comme Les feux de l'amour. Mais au bout de dix minutes, ça devenait vraiment écrasant. Très désespérant. Ca fout le moral à zéro. Je ne réfléchis pas plus de cinq secondes que mon doigt avait déjà pressé sur le bouton off de la télé et je m'étais déjà transportée dans le couloir pour me rendre à la chambre de David. Pas très loin de la mienne. La porte était entrouverte alors je me permis d'entrer. Encore au téléphone, toujours au téléphone. C'est à se demander si il n'était pas tout simplement scotcher à son oreille. Je lui balançais de grands signes de bras en articulant « Ecoute moi, s'il te plait » mais il pivota le dos et s'enferma à clé dans la salle de bain. Mes bras retombèrent ballants le long de mon corps et je poussai un soupir de contrariété tout en m'affalant sur le lit. Je fermai les yeux.
*
- Emma !! Réveille-toi, dépêche-toi, me balbutia David en me secouant
- Hein, quoi, qu'est ce qui y'a ?
- Je m'absente pendant une heure, je reviens te chercher tout à l'heure, tu ne bouges pas, c'est compris ?
- Oui d'accord..
Pas obligé de claquer la porte ><. C'est à peine si il avait entendu mes dernières paroles. Soudain, j'éprouvais un léger sentiment de mépris vis-à-vis de cette mise à l'écart, cette façon dont on me laisse en plan dans une salle, ce qui m'était étrangement familier, sûrement à cause du divorce de mes parents. Ca me faisait beaucoup de mal de ne pas connaître ma mère, je rêvais tant d'elle, de pouvoir me réfugier contre elle, qu'elle m'apprenne tant de choses. Mais je devais l'oublier, se remémorer tout ça me torturer plus qu'autres choses. Elle nous a abandonner.
Je regagnai ma chambre et me lançai dans la lecture de mon livre qui me sortait de mes pensées et me changeait les idées. C'était une histoire triste et cocasse à la fois. Beaucoup de questions se bousculaient dans ma tête. Des questions qui me travaillaient énormément depuis toujours.
*
Une heure plus tard, et disons quelques minutes, j'attendais un manifestement de David. J'attendais. Je n'avais que ça à faire maintenant. J'étais assise sur le rebord de mon lit et tripatouiller ma manche en l'enroulant autour de mon index. Le regard clouant le sol, pertinent pour mon ego. Tu deviens débile ma pauvre Emma.
- Ah ben t'es là, désolé du petit retard, tu viens, on va manger ?
David était enfin parvenus ici et me souriait agréablement, sa tête passée à travers la fente de la porte.
- J'arrive.
Sur ces mots, je me levai et le rejoignis dans le couloir en empoignant au passage un petit gilet. C'est qu'il ne fait pas chaud en hiver, banal quoi. Je ne savais absolument pas où est ce qu'il avait l'intention de m'entraîner. Pendant le parcours, il me racontait certaines de ses anecdotes avec mon père. J'aimais rire de leurs bêtises. La plupart était à se tordre de rire quand on voit leurs sérieux maintenant. La rue était animée, de la musique jaillissait des différents restaurants, beaucoup de petits couples se baladaient main dans la main, des animations.. et pleins d'autres choses charmantes encore. David s'arrêta devant l'un des restos et examina le menu.
- Celui là te convient ? m'interrogea-t-il
- Oui. Il a l'air pas mal, allons-y.
Tous deux nous traversâmes les tables installées dehors et pénétrâmes à l'intérieur. La déco était assez actuelle, c'était très jolie. Un homme sympathiquement habillée vint à notre rencontre et, sur la demande de David, nous installa à l'extérieur. Il nous munis des menus et nous fit part de quelques suggestions du chef puis disparût à l'intérieur.
- Tu prends quoi ? demandai-je la tête dans le menu.
- Une pizza. Et toi ?
- Ben, pareil.
Le serveur réapparût une dizaine de minutes plus tard et nota nos commandes. Ne sachant pas quoi faire, je m'amusai à dessiner des choses sur mon set de table avec mon couteau. David observait mon comportement de petite gamine très minutieusement et se mit quelque peu à rire. Ben quoi ? >< . Je ne m'en occupai pas, j'en avais marre de gaspiller ma salive quand je savais qu'il n'allais pas s'abstenir. Je relevai la tête et pris la parole en lui soumettant une bonne tonne de questions afin de le connaître davantage. Tout compte fait, il avait l'air d'avoir une vie des plus captivantes. Il voyageait beaucoup à travers toute l'Europe et connaissait énormément de trucs.
Nos pizzas arrivèrent enfin. Elles avaient l'air tellement savoureuses que je me léchai les babines et manifestai un « Huuuuum ! ». David me souriait et nous nous plongèrent dans la dégustation de notre festin..
Je n'en pouvais plus, mon ventre était chargé à craquer et pourtant il me restait encore une part. Allez, un effort Emma. C'est pas de ma faute si j'ai un petit estomac. David avait déjà fini et m'observait toujours en ricanant. C'est vrai que c'était pas beau à voir, je mangeais avec une telle grâce. La pizza dégoulinait de partout. J'étais atrocement concentrée sur ce bout qui me restait.
*
Après notre dîner, nous sommes rentrés à l'hôtel. Nous avons pris places dans un petit salon assez luxueux et siroté un cocktail. Nous dialoguâmes encore et encore. On avait beaucoup de choses à se dire decidemment. Je suçotais l'ornement sucré de mon verre.
- Oh David, tu fais quoi à cette heure là en compagnie d'une si jolie fille ?
à suivre...