Enfin pas pour le moment vu que je devais patienter mon repas. En attendant désespérément l'arrivée de quelqu'un, je m'assis dehors afin de contempler, ce que je pouvais, du coucher de soleil..
*
Une vingtaine de minutes plus tard, un « toc, toc, toc » me fit comprendre la livraison de mon dîner. Je m'empressai d'aller ouvrir, à l'ouverture de la porte, un charmant serveur souriant – montrant toutes sa dentition - me fixait. Hum. Magnifique. Il me tendait un plateau joliment décoré. Je l'invitai à rentrer.
- Posez ça sur la petite table devant la fenêtre, là bas.
- Très bien mademoiselle.
Je lui faisais mes plus beaux sourires séducteurs en essayant tant bien que mal de retenir son attention. Je ne suis pas du tout raisonnable mais après tout, je pouvais exécuter tout ce que je voulais, « dans » ma cellule de prison. En l'examinant un peu, il avait la physionomie d'une personne ayant une vingtaine d'années.
- Je vous souhaite un bonne appétit. Au revoir.
Oh ben non, part pas. Pas très drôle pour un mec canon. Je tentais de le suivre jusqu'à la porte en le séduisant quelque peu mais il gardait un air neutre comme s'il n'avait rien en tête et ne voyait rien. Enervé sur le coup, je claquai la porte en me parlant à moi-même et en grimaçant « Quel idiot » . Désespérée par les événements, ma démarche était molle et mon regard se posa sur le téléviseur. Je me munis de la télécommande et déclencha l'allumage. Pendant la dévoration de mon repas, je visualisais le film du soir qui se devait d'être « Les visiteurs » , enfin un peu d'humour dans cette chambre.
*
Mon souhait de sortir de mon trou était perpétuel. J'avais envie d'aller me divertir en boîte ou de prendre un verre dans un bar, mais impossible. David avait sûrement ordonner aux gardes de l'hôtel de me surveiller afin que je ne sorte pas. Il me passait aussi deux coups de fil par minutes. Ma masse corporel était lourdement déployée sur mon lit, je fixais le plafond - blanc comme neige – et soupirait de morosité. Je pourrais aller m'aventurer dans les couloirs mais pour quoi faire ? Ou alors, tenter de persuader Musclor Alfred de m'autoriser une petite excursion nocturne.. ou bien.. tout simplement... prendre un verre au salon de thé. Mais oui, que je suis intelligente 8) . A prés tout, en descendant au rez-de-chaussée, je reste dans l'hôtel, ce n'est pas un crime d'aller me désaltérer..
Ma décision étant prise, je clorais l'entrée de ma chambre et entamais le parcours menant en bas. Dans le couloir, je croisais quelques femmes de ménages faisant leur boulot ainsi que une ou deux familles rentrant de leurs escapades. L'ascenseur ne me parût pas bien loin. Une vieille dame patientait devant celui-ci. Je fis de même en m'adossant sur la paroi du mur. Cinq minutes plus tard, je prenais racines. La centenaire aux cheveux drus et ébouriffés s'appuyait sur son bâton et me scrutait bizarrement ce qui me faisait frétiller de terreur. Elle avait une apparence glaciale. Deux bonnes raisons pour que j'emprunte les escaliers. L'attente infini et la sorcière prête à me jeter un sort. Je n'attendis pas une seconde de plus et culbutai les portes battantes portant sur la cage d'escalier. Je les dévalai tranquillement pendant dix bonnes minutes, entre le rez-de-chaussée et le septième étage, il y a de la marge.
Le hall était désert à cette instant-ci. A l'exception des gardes dehors et de la réceptionniste, les yeux plantés sur son ordinateur. Mes pas terminèrent la marche vers le salon et je pris place dans un recoin. Les banquettes étaient d'un tel confort et les coussins si moelleux.. Certes je n'avais pas beaucoup de compagnie même pas du tout mais l'atmosphère chaleureuse de cet endroit me faisait tout oublier. La musique était sucrée, quelques personnes bavassaient entre elles et le décor était d'un style plutôt marocain. Un serveur vînt me sortir de mes pensées paradisiaques.
- Bonsoir, je vous sers quelques choses ?
- Euh.. oui. Un verre de punch ça m'ira, s'il vous plaît.
- Tout de suite.
- Deux. Prononça une autre voix.
Une silhouette venait d'apparaître et c'est en s'approchant que je pus distinguai un des garçons du groupe. Bill, plus précisément. Je ne savais ce qu'il venait faire ici car d'après David, ils avaient tous beaucoup de travail.
- Je peux m'asseoir ?
- Oui, bien sur.. mais qu'est ce que tu fais ici tout seul ?
- Les autres sont partis en boîte et j'avais pas trop envie d'y aller. J'ai voulu descendre boire un truc ici et je t'ai vu toute seule alors je me suis dis que je pourrais peut-être te tenir compagnie...
- C'est gentil mais ça ira... enfin bon maintenant que t'es là.. tu peux rester si tu veux.
- Ok merci.
Après un temps de silence agaçant, le serveur nous apporta nos commandes et repartît sans un mot. Je bus une petite gorgée et Bill brisa ce calme pesant.
- Sinon... tu connais David ?
- Ben ouai, comme t'as pu le voir à certain moment quand je discutais avec lui..
Face à son air interrogateur, je savais qu'il voulait en savoir plus sur cet connaissance et même plutôt ma vie, pourtant il restait silencieux. Peut-être qu'il n'osait pas me questionner ; On ne se connaît pas du tout alors ça paraîtrais un peu indiscret, c'est vrai.
- Je t'explique.. mon père est parti en voyage d'affaire à Sydney et comme David est son meilleure ami, il m'a laissé avec lui le temps de son absence..
- Ah d'accord.. et ça va ? Il est pas trop chiant avec toi ?
Cette question m'e fit pouffer de rire.
- Je le trouve un peu collant et trés caractériel.. Ce soir, il ne voulait même pas que je sorte de ma chambre..
Il m'adressa un sourire.
- Ma pauvre.. mais alors fais attention à ce qu'il ne découvre pas que t'es sortie parce que quand il s'énerve, vaut mieux pas être dans les parages..
- Oui mais ce soir, il est sorti avec une journaliste qu'il a rencontré aujourd'hui.. A mon avis, il ne va pas faire attention à l'heure.. enfin je l'espère..
- C'est sûrement celle qui nous à interviewer cette après-midi. Elle était plutôt canon et David n'arrêter pas de la reluquer.
- Il ne m'avait pas parlé de son côté pervers..
Nous nous mîmes tout deux à rire de cette conversation plus que passionnante. Cela m'avait sortit de mes raisonnements sordides et le fait de parler à quelqu'un d'autre dans cet endroit magique me faisait le plus grand bien. Je me sentais décontractée comme si le temps s'était arrêté. Et moi aussi j'avais envie d'en savoir un peu plus sur lui.
- Et donc vous êtes un groupe avec tes autres copains ?
- Oui. Là, on est venu en France pour un concert, on reste une semaine et après on repart en Allemagne pour d'autres concerts..
- Ca doit être super, chaque semaine de découvrir de nouveaux pays..
- Oui, c'est vraiment génial. J'avais toujours rêvé de faire de la musique et de voyager.
- Ok. Bon c'est pas que ça m'ennuie de discuter avec toi mais je me sens fatiguée. J'vais monter me coucher.
- Bonne nuit alors.
Je lui souris puis quittai les lieux. Cette soirée avait été des plus agréables. Je m'étais bien amusée et avais appréciais discuter avec Bill. J'espérais recommencer un de ces jours à venir. Le punch me faisait un peu tourner la tête, je ne savais même plus ce que je disais. Lorsque j'atteignis mon étage, ma tension grimpa à toute vitesse et mon c½ur se mit à bondir hors de ma poitrine. Owh me*de ! David venant d'apparaître à l'autre bout du couloir, je sentis mes pieds ralentir peu à peu. Il s'immobilisa au niveau de ma porte et m'attendait les bras croisés, l'air enragé. J'allais incontestablement passer un sal quart d'heure.
- Où étais-tu ? dit-il d'un ton à vous glacer le sang.
- J'étais.. euh.... En bas .. au salon.
- Je t'avais pas dis de rester dans ta chambre ?
- Mais..
- Tais-toi. J'ai ta garde et je ne veux pas prendre le risque qu'il t'arrive quelque chose, tu comprends ça ?
- Oui mais..
- Mais rien, c'est très dur pour moi de me faire écouter par une adolescente. Rentre dans ta chambre et demain matin, tu attendras que je vienne te chercher. Je te conseille de respecter mes ordres jusqu'à la fin.
- David..
Il me refoula à l'intérieur et me claqua la porte en pleine face. Heureusement que je me suis un peu reculée avant, sinon j'aurais eu le nez cassé. C'était pas possible d'être aussi protecteur quand même. Je n'avais jamais vu ça. Même mon paternel ne l'étais pas autant. Mon père ? Tout s'accumule. Qu'est ce qu'il me manque. J'avais terriblement envie de lui parler, de l'appeler. Mais je ne pouvais pas le déranger. Je ne savais pas quelle heure il était à Sydney mais valait mieux ne pas essayer. Cette carence transformait mes rêves en cauchemars.
*
Je m'approche de ses lèvres qui avaient l'air si délicates et.........
- Mademoiselle ! Réveillez-vous !
Huuum. Mais que se passe-t-il ? Qui a brisé mon merveilleux rêve.. Ma vision était floue, je ne distinguait pas grand-chose à travers ma petite fente optique. La voix de David me résonnait encore dans les oreilles. Je m'en voulais un peu de ne pas être rester dans ma chambre, mais cela m'avait apporté un peu de bien-être .. Ma main se perdue au niveau de mes cheveux et j'ouvris les yeux afin de voir un peu plus clair.
- AAHHHHHHHH ! Mais que faîtes-vous ici ?
- Je suis désolé mademoiselle, c'est Monsieur Jost qui demande votre réveil.
- Oh mais voyez-vous dans quel état je suis ? Retournez-vous je vous prie.
- Tout de suite mademoiselle.