Sur mes paroles, je m'orientai vers le bar où le charmant serveur – dont on parle un peu plus haut avec Gustav (chapitre d'précedent) – agitait les bras dans divers directions pour combler les demandes des clients. Je commandai à mon tour une téquila au bellâtre hawaïen puis je virevolta jusqu'à avoir la vue sur les garçons. A ma plus grande surprise, Gustav, admirait par les deux autres, avait quitté la table et gesticulait de petits mouvements. Enfin bon, au moins il avait daigné se détacher de son siège.
Quelques minutes après avoir pris possession de ma collation et en ayant buvoté quelques gorgées, je le rejoignis afin de me mêler à sa danse. L'ambiance était géniale et je prenais beaucoup de bons temps à onduler telle une danseuse du ventre façon « moi ».
*
La soirée se passait a peu prés bien, même si au bout de trois-quarts d'heure, aucun des deux twins ne s'était remués. Gustav et moi continuions à se trémousser en faisant quelques pauses pour se rafraîchir bien sur. Dans nos mouvements rythmiques au milieu de la foule, je m'amusais à faire valser ma chevelure dans tous les sens, empêchant aux autres de voir mon visage. Malgré mes quelques petites folies, de temps en temps ma vue ne pouvait s'empêcher de se perdre sur Tom, qui observait chacun de mes gestes. Evidemment, ça ne me déplaisait pas tant que ça mais qu'un aussi beau mec vous reluque, c'est disons . . assez gênant. Mais une chose était positive, c'est qu'il ne pouvait pas remarquer que mon teint avait forcément virer au rouge tomate dans la pénombre. .
Mes talons commençaient à me faire sérieusement mal, j'endurais une chaleur insoutenable et ma fatigue prenait le dessus. Je calais mon postérieur au fin fond de mon fauteuil suivi de prés par Gustav. Les garçons nous couvaient des yeux.
- Ben alors, vous dansez plus ? lança Tom
- Non, pfffff .... J'pense que ça suffit là. Prononçai-je dans mon souffle saccadé.
- On va pas tarder à descendre à nos chambres, vaut mieux pas contredire David. Protesta Bill détachant son regard passionné sur la petite bougie centrale.
- Il fait chier, moi j'ai pas envie, je reste là encore un peu. Annonça son jumeau.
- Ben comme tu veux.. nous on y va.. a tout a l'heure frero. Renvoya Bill.
- Bonne soirée Tom, articulai-je en usant de mes charmes visuels.
Lui, fit de mêmes mais rajouta à cela la délicatesse de sa bouche, faisant vaciller son piercing avec sa langue – comme il sait si bien le faire -. Je détournais ma vision pour la mettre dans un tout autre champs beaucoup moins intéressant. Le chemin pour retourner dans ma petite chambre. Je pus entrevoir que Bill et Gustav était déjà bien loin, enfin à la sortie du bar. Mais avant que je ne fasses deux trois pas, je ne les voyais déjà plus. J'entamai donc mon parcours seul, portant réflexion sur des détails peu important. Involontairement, quelques une de mes pensées s'échappèrent vers Tom mais en raisonnable. Une fois arrivée dans le couloir, vide à cette heure-ci et éclairé chaleureusement par des petits projecteurs au plafond, je m'aventurais à l'intérieur des toilettes – histoire de visualiser ma tête après cette soirée mouvementée -. Je fis une petite remise en place de quelques mèches rebelles et me décidai enfin à ressortir.
J'étais plantée le nez dans mon petit sac, cherchant farouchement mon téléphone. Mes foulées, orientées vers l'escalier, ne faisaient que changer de rythme, de temps à autre un petit arrêt poursuivi par un grognement.
Quelque chose attoucha mon épaule en exerçant une légère pression afin que je me retourne. Logiquement, une main et ma vue atterrit sur .. mon portable.
- C'est ça que tu cherches ?
En l'empoignant, je reconnus un t-shirt familier, pré visualisé dans la soirée.
- Oh Tom. Merci beaucoup, j'ai cru l'avoir perdu.
- Derien princesse. Pourquoi faut-il toujours qu'il me donne des surnoms comme ça ?
- Tu viens ? On descend ?
Il approuva d'un signe positif. Le grand hôtel de luxe était baigné dans un silence mélancolique. On pouvait percevoir le bourdonnement des moteurs de voitures et certains brouhaha de télévisions encore allumées. Pendant un instant, nous n'emmétrâmes aucun son. Mais cela ne dura qu'un temps.
- Vous faîtes quoi demain ? interpellai-je
- Pour une fois, on a rien de la matinée mais on a une séance de dédicace tout l'après-midi.
- Oh super.
- Ouai j'suis content de enfin pouvoir faire une grasse mat' .
Nous dévalions les escaliers en continuant notre discussion. Il était finalement gentil et doux contrairement au air de dragueur qu'il faisait paraître.
- Bon, moi je suis à l'étage du dessous. Expliqua-t-il
- Ok.. et c'est laquelle ta chambre ?
- Huuum, tu veux que je te la montre ? prononça-t-il d'une voix terriblement envoûteuse.
Trop tentant mais si David nous voit.. et puis c'est pas raisonnable. Je me contenterai d'un gloussement de rire.
- Euh.. non désolé, j'suis vraiment fatiguée, une prochaine fois peut-être.
- Avec plaisir. A demain.
Mystifiée par son regard ensorcelant, c'est comme si je ne pouvais plus bouger. Je tentais de reprendre mes esprits mais le geste qu'il fit par la suite aller comme me faire fondre.. Un penchement vers l'avant, s'approchant délicieusement de ma joue, ou juste un peu plus bas, en y déposant un délectable baiser, me faisant découvrir son odeur à la fois attirante et friande. Un frisson terrible me parcourut tout le corps à une vitesse grand V, accélérant ma respiration modérément. M'ayant mis complètement mal à l'aise, dés qu'il reprit sa position, je lui adressai une espèce de sourire forcé ajouté d'un petit geste de main rapide. Puis je tournicotai avec mal pour poursuivre mon chemin. Tout allait si vite.
*
Le lendemain, vers midi après mon réveil, j'étais enrobée de mon peignoir blanc, les cheveux entrelaçaient dans un petit élastique argenté, en chignon négligé, face à la grande vitre me donnant vue sur Paris revêtu de son grand manteau blanc. Je scrutais tout l'horizon. Mes prunelles vertes pâles divaguaient dans tous les sens. Dans la rue, des gens habillés d'une façon très élégante, marchés d'un pas stressé, les klaxons parvenaient jusqu'à mes oreilles, des bavardages... Tous les bruits communs à cette grande ville merveilleuse. A cette l'heure là, beaucoup de questions se bousculaient dans ma tête, en particulier celle de savoir où ma mère pouvait bien être. Si elle était heureuse maintenant..
Me sortant de mes méditations, quelqu'un frappa à ma porte mais rentra sans mon accord. Je chavirai vers celle-ci tout en arrangeant mon chignon.
- Emma ? chuchota une voix que je connaissais bien.
David s'approcha de moi en m'embrassant comme un père attentionné sur mes joues chaudes. Visiblement, il ne semblait plus être en colère pour les événements des jours précédents. C'était bon signe.
- Salut. Ca va ?
- Oui moi très bien, tu m'as l'air de t'être coucher tard toi...
- ..Euh noo....non.. bafouillai-je
- ...J'voulais te proposer de venir avec nous à la séance de dédicace...
- Ben Ouai, j'veux bien... Ca serait cool qu'il arrête de me couper la parole..
- Mais tu me sembles très fatiguée, tu aurais besoin de repos...
- Roooo, mais non, si j'te dis que ça va. J'suis plus une petite fille, je sais me débrouiller toute seule.
- ... Excuse moi.. j'veux tellement que tu sois bien, qu'il ne t'arrive rien.. j'suis désolé.
- Ok c'est pas grave, souriais-je
- Bon alors tu viens ?
- Oui, j'en ai pour cinq minutes.
Cinq minutes ><, pourquoi j'ai dit ça moi. C'est bien trop court. Sans perdre de temps, une fois David hors de ma chambre, j'ouvris d'un geste très brusque la grande armoire vitrée coulissante, ce qui fit retentir un bruit massif à travers toute la pièce. Je mis en ma possession les premiers vêtements que je trouvais.. enfin je m'imposai un petit temps de réflexion quand même pour l'assortiment. Une fois habillée, coiffée, et vaguement maquillée, je vidai les lieux puis me rendis au rez-de-chaussée.
La première personne qui vînt à ma rencontre fut Bill. Il était plus mignon que jamais avec sa petite gueule d'ange et me souriait magnifiquement de toutes ses dents. Il m'encercla dans ses bras puis desserra son étreinte.
- Tu m'as manqué depuis hier. T'as bien dormie ? se renseigna-t-il
- Je vois ça ! riais-je Ben ouai, en plus j'ai fait un rêve formidable.
- Tu me le racontes si ça te dérange pas ?
- Il est tellement long à expliquer. Pour faire court, c'était le plus beau jour de ma vie, je venais de retrouver ma mère, à Paris.
- Tu... tu connais pas ta mère ? s'étonna-t-il
- Oh je t'ai jamais raconté ?
- Euh non.. je ne pense pas..
- Eh bien, ma mère nous a abandonné, mon père et moi, avant que je n'apprenne à marcher..
- Ah j'suis vraiment désolé, j'aurais pas du parler de ça.
- Mais si t'inquiète.. c'est pas grave !
Il était tellement attentif à mes paroles, cela me faisait chaud au c½ur. J'avais l'impression que plus rien n'existé autour de nous, ses yeux étaient si captivant, les mêmes que ceux de Tom. Des yeux à vous paralyser sur place. Je souriais de contemplation.
- Ouaou c'est quoi ce plan drague Billou. murmura Georg derrière Bill.
- T'es trop bête Georg. Répliqua Bill.
- Ah, te voilà, je pensais que tu avais renoncé à venir. Débita David venant de la réception.
- Non, non, je t'aurais prévenu, on peut y aller !
La scène en sortant de l'hôtel fût la même que l'autre fois. Toujours cet attroupement de fanatiques, parlant à tue-tête, criant, des fois hurlant. Cette fois, j'avais pensé à prendre une paire de lunettes afin que l'on n'identifie pas trop mon visage mais à mon avis cela devait avoir été déjà fait l'autre jour. D'ailleurs, au moment de l'approche du gros hummer noir teinté, l'une d'elles m'agrippa le bras et me proféra une injure qui me crispa sur place. Le plus sage serait de ne pas y faire attention. Alfred me dégagea le bras en repoussant toutes ces filles en chaleur pour me permettre de monter à bord. Je me calai contre la vitre, tous avaient leurs yeux posaient sur moi. Ahurissant toute cette rivalité entre fans. J'ai même aperçu une petite se faire tirailler les cheveux et tomber en arrière par la suite.
