Les gouttelettes incolore et froide découlaient dans les creux de mon visage et ce qui restaient, à présent, de mes boucles. Mes vêtements me collaient à la peau et s'alourdissaient sous le poids d'eau absorbait par le tissu. Mon maquillage avait sûrement dû, lui aussi, se répandre sur mes trônes de pudeur*. Dès cet instant, j'étais pourvue d'une multitudes de remords sans queue ni tête, dont je ne connaissais même pas les racines et les réponses. La nuit était sombre ce soir là, les étoiles étaient camouflées par les masses nuageuses. Mes yeux étaient clos et je restais posée ici, sur ce poteau d'un vert olivâtre froid mais qui convenait très bien à mon postérieur même si cela commençait à devenir peu confortable. Mes mains frêles étaient rangées dans les poches de mon caban noir dont j'avais remonté le col laissant juste dépassée la partie de mon visage au-dessus de mon nez. La rue n'était évidemment pas déserte, j'assimilais constamment des bavardages de quelques jeunes filles qui attendaient aux grillages de la sortie des coulisses pour entrevoir d'acquérir une petite signature. Un certain nombre de passants déambulaient sur le trottoir. Des hommes élégamment vêtus rentrant de leurs longues journées de boulot me faisaient resonger à mon père. Je repensais avec excitation à la minute au téléphone qu'il m'avait accordé aujourd'hui et je m'interrogeais sur le but de celui du lendemain. Des lampadaires démesurés éclairaient l'avenue d'une lumière bronze. Derrière mes paupières, des histoires défilaient. Celles que j'avais vécu les années passées. Je ressassais tous ces moments qui finalement avaient été bien plus que du bonheur. Les flots me rafraîchissaient vivement toutes mes idées mais commençaient à tomber à une fréquence beaucoup plus importante. Je recevais comme des jets de douche sur le crâne pourtant, je ne bougeais toujours pas. Cette fois, une partie des adolescentes avaient plié bagage alors que d'autres avaient uniquement déployé leurs parapluies. Cela devait faire environ trois quarts d'heure que je trônais ici. L'intempérie persistait et ne semblait pas avoir l'intention de s'arrêter. Mettant fin à ma réflexion, j'élargissais mes paupières avec difficulté puis clignotais pour faire tomber les perles sur mes cils. Le show semblait être à sa fin, une foule de personnes brailleuses naissait après le passage des portes et s'agrandissait. Une voix empesée mais à la fois tremblante vînt reteindre mes tympans.
- Vous n'avez pas froid mademoiselle ? Sonda ce bon vieux Alfred que je reconnus tout de suite.
- Non ça va, merci ! Mentis-je en pivotant la tête dans sa direction et en lui accordant un petit sourire forcé.
- Vous allez attraper du mal à rester là. Ce n'est pas raisonnable et monsieur Jost va finir par s'inquiéter de ne pas vous voir. Vous feriez mieux de rentrer à l'intérieur.
- Dans dix minutes. Prévins-je d'un ton faible et peu convaincant.
- Non ça va, merci ! Mentis-je en pivotant la tête dans sa direction et en lui accordant un petit sourire forcé.
- Vous allez attraper du mal à rester là. Ce n'est pas raisonnable et monsieur Jost va finir par s'inquiéter de ne pas vous voir. Vous feriez mieux de rentrer à l'intérieur.
- Dans dix minutes. Prévins-je d'un ton faible et peu convaincant.
Après coup, nous restâmes silencieux, les cordes vocales peut-être trop congelées. En discernant les groupes de fans criés le nom du groupe, je fis directement une piteuse liaison avec un des personnages le composant. J'avais une sorte d'impression, comme si à chaque fois que le mot « Tokio Hotel » allait pénétrer à travers mes oreilles, cette saloperie de relation serait toujours présente. Les inscriptions du fragment de papier me travaillaient l'esprit. Une fois que je serais face à lui et à ses arguments irréfutables, je me demandais ce que j'allais bien pouvoir dire et ce qu'il allait pouvoir m'annoncer. Il avait sûrement prévu de me sortir tout un flot de paroles litigieuses. Mais peu importe. Grâce à ces quelques hypothèses, les dix minutes que Alfred m'avait accordé était maintenant écoulées. Mes jambes se redressèrent difficilement sous l'effet de la froideur m'ayant paralysé les muscles. Sous le regard farouche d'Alfred, je m'engouffrais dans le bâtiment. A mon entrée, les éclairages étaient beaucoup plus éblouissants. Je pris les mêmes portes qu'à ma sortie mais m'arrêtais devant un petit miroir encadré de photographies sympathiques. Je constatais l'étendu des dégâts et dénichais un mouchoir en papier de ma poche. Des personnes passaient derrière moi en examinant mes gestes ce qui m'énervaient terriblement. Mais je n'allais pas créer de scandales pour une simple histoire de quelques regards niais. Une fois la situation arrangée, je croisais Gustav un peu plus loin au cours de mon chemin. Une serviette entrelaçait son coup, il paraissait épuisé.
- Emma ! Alors ça t'as plus notre petit concert ? M'interrogea-t-il timidement.
- Oui, vous êtes très doué. Souriais-je
- Merci. Je fus gênée lorsque je remarquai qu'il constatait mon état. Mais pourquoi tu es toute trempée ?
- J'ai fait un petit tour dehors et j'ai été prise par une averse. Encore un lourd mensonge pour ma conscience.
- Va te sécher ! ria-t-il
- Emma ! Alors ça t'as plus notre petit concert ? M'interrogea-t-il timidement.
- Oui, vous êtes très doué. Souriais-je
- Merci. Je fus gênée lorsque je remarquai qu'il constatait mon état. Mais pourquoi tu es toute trempée ?
- J'ai fait un petit tour dehors et j'ai été prise par une averse. Encore un lourd mensonge pour ma conscience.
- Va te sécher ! ria-t-il
Il continua son chemin. Une fois arrivée devant la porte des « Loges », j'hésitais péniblement à rentrer de peur de tomber dans des regards que je redoute. Ma main stagnait poser sur la poignée mais ne l'ouvrait pas. Une sorte de blocage m'interdisait tous mouvements envers cette porte. Je n'allais tout de même pas prendre racine ici. C'est alors que je reconnus une voix, mais elle ne venait pas de l'intérieur, elle était émise d'une distance éloignée de ma personne. Cette voix, je l'ai beaucoup entendue. Elle est pleine de perversité et de sous-entendus. D'un timbre grave et sensuel, cela ne pouvait qu'être celle de Tom. Pour m'en assurer, je fis deux ou trois pas vers une intersection de deux couloirs. Penchant ma tête sans faire de bruit suspect d'éveiller un soupçon, je pus reconnaître un pantalon baggy très large en jean recouvert par un immense t-shirt. Je relevais la tête instantanément après avoir été soulagé de le voir là-bas puis fis volte-face et pénétrais rapidement dans la « Loge ».
Mon souffle était haletant et ma salive avait du mal à passer le long de ma gorge. Mes paumes étaient moites mais mon corps tremblait sous mes vêtements mouillés. J'expirais une bouffée d'oxygène tout en me retournant. La pièce était toujours dans le même état que tout à l'heure mais quelqu'un avait dû passer faire un petit rangement il me semble. En effet, mon sac que j'avais vulgairement jeté sur le canapé était à présent pendu sur un cintre. Je fis prise d'un sursaut imprévu quand je perçus un être qui était penché derrière le canapé. Bill, me regardant d'un air interrogateur et méprisant une fois m'avoir reconnu, jouait avec un stylo entre ses doigts. Ses yeux restèrent plantés dans les miens une fraction de seconde puis il baissa la tête pour enfin me tourner le dos. J'eus l'impression qu'un couteau me poignardait le c½ur. En même temps que je tentais de m'approcher de lui, il enfilait un bonnet noir qui aplatit tout de suite ses cheveux. J'avançais tout doucement. Il fouillait désespérément dans un grand sac perché sur une commode.
- Bill. Prononçai-je à voix basse.
Il arrêta ses mouvements et se rehaussa sans se rabattre dans ma direction. Il semblait attendre des paroles de ma part, mais quelles paroles. Je ne savais pas du tout ce qui me valait tous ces mépris. Je me risquais à glisser ma main délicatement le long de son bras dans le but qu'il se retourne et c'est après un petit « s'il te plaît » que je chuchotais qu'il pivota la tête dans mon sens. Je ne fus jamais aussi prise de charme que maintenant. Je cherchais ses magnifiques prunelles aux couleurs chocolatées ressorties par de légers traits de crayons noirs finement tracés.
- Je peux savoir pourquoi.. Pourquoi tout ça ? Interrogeai-je de voix toujours aussi tremblante mais cette fois pour plusieurs raisons.
- Arrête s'il te plaît. Répliqua-t-il sèchement
- J'ai vraiment besoin que tu m'éclaires là. J'en peux plus moi. Suppliai-je
A ce moment là, le bruit de l'ouverture de la porte retentit. Ma tête se retourna directement pour vérifier l'auteur du dérangement. Heureusement ce n'était pas lui. Mon trouble-fête. Il ne s'agissait juste que de David qui venait nous annonçait notre départ. D'un geste de main discret, il nous fit signe de venir. Bill, qui avait entre-temps fermé son sac et enfilé un blouson, passa avant moi me frôlant de l'épaule et me chuchota un « plus tard » sans un coup d'½il. Je suivis ce dernier en agrippant mon sac à main. David referma la porte après mon passage. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il pouvait être, je savais juste que le temps passait très vite et que tous les actes que je m'efforçais de faire et qui me troublait beaucoup niveau réflexion ne me servaient à rien. Le passage entre la sortie et le corbillard noir fût court. Je pris place à mon emplacement habituel prés de la fenêtre tout au fond. Le trajet se fit sans un bruit et cette fois-ci, dans le peu de condensation sur les vitres du fait de ma faible respiration, je ne pus dessiner qu'un petit c½ur presque invisible que le petit cupidon avait malencontreusement brisé.
Mon souffle était haletant et ma salive avait du mal à passer le long de ma gorge. Mes paumes étaient moites mais mon corps tremblait sous mes vêtements mouillés. J'expirais une bouffée d'oxygène tout en me retournant. La pièce était toujours dans le même état que tout à l'heure mais quelqu'un avait dû passer faire un petit rangement il me semble. En effet, mon sac que j'avais vulgairement jeté sur le canapé était à présent pendu sur un cintre. Je fis prise d'un sursaut imprévu quand je perçus un être qui était penché derrière le canapé. Bill, me regardant d'un air interrogateur et méprisant une fois m'avoir reconnu, jouait avec un stylo entre ses doigts. Ses yeux restèrent plantés dans les miens une fraction de seconde puis il baissa la tête pour enfin me tourner le dos. J'eus l'impression qu'un couteau me poignardait le c½ur. En même temps que je tentais de m'approcher de lui, il enfilait un bonnet noir qui aplatit tout de suite ses cheveux. J'avançais tout doucement. Il fouillait désespérément dans un grand sac perché sur une commode.
- Bill. Prononçai-je à voix basse.
Il arrêta ses mouvements et se rehaussa sans se rabattre dans ma direction. Il semblait attendre des paroles de ma part, mais quelles paroles. Je ne savais pas du tout ce qui me valait tous ces mépris. Je me risquais à glisser ma main délicatement le long de son bras dans le but qu'il se retourne et c'est après un petit « s'il te plaît » que je chuchotais qu'il pivota la tête dans mon sens. Je ne fus jamais aussi prise de charme que maintenant. Je cherchais ses magnifiques prunelles aux couleurs chocolatées ressorties par de légers traits de crayons noirs finement tracés.
- Je peux savoir pourquoi.. Pourquoi tout ça ? Interrogeai-je de voix toujours aussi tremblante mais cette fois pour plusieurs raisons.
- Arrête s'il te plaît. Répliqua-t-il sèchement
- J'ai vraiment besoin que tu m'éclaires là. J'en peux plus moi. Suppliai-je
A ce moment là, le bruit de l'ouverture de la porte retentit. Ma tête se retourna directement pour vérifier l'auteur du dérangement. Heureusement ce n'était pas lui. Mon trouble-fête. Il ne s'agissait juste que de David qui venait nous annonçait notre départ. D'un geste de main discret, il nous fit signe de venir. Bill, qui avait entre-temps fermé son sac et enfilé un blouson, passa avant moi me frôlant de l'épaule et me chuchota un « plus tard » sans un coup d'½il. Je suivis ce dernier en agrippant mon sac à main. David referma la porte après mon passage. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il pouvait être, je savais juste que le temps passait très vite et que tous les actes que je m'efforçais de faire et qui me troublait beaucoup niveau réflexion ne me servaient à rien. Le passage entre la sortie et le corbillard noir fût court. Je pris place à mon emplacement habituel prés de la fenêtre tout au fond. Le trajet se fit sans un bruit et cette fois-ci, dans le peu de condensation sur les vitres du fait de ma faible respiration, je ne pus dessiner qu'un petit c½ur presque invisible que le petit cupidon avait malencontreusement brisé.
* Trônes de pudeur ( j'avais oublié ;p ) : Les joues xD ( référence à mon cours sur la doctrine mdr.. )
