Chapitre 15

Chapitre 15
Après de longues heures de trajet à travers les paysages californiens à bavasser avec mon paternel de tout ce qui avait pu nous arriver, je reconnus enfin le panneau de bienvenue de la ville où je résidais depuis plusieurs mois, ce qui était un « record » pour nous. Le coffre de la Jeep était bourré à craquer et je m'étais même retrouvée avec des sacs au pied.
Nous arpentions donc les rues, en quête de notre maison que je m'empressais de retrouver. L'odeur de ma chambre, la clarté du jardin me faisaient tout simplement rayonner. Même si le temps était plus que grisâtre voire pluvieux, j'aimais sentir l'air frais se faufiler dans mon manteau. A la radio, la météo annonçait des températures avoisinant les dix degrés. Rien de tel pour s'imaginer le plaisir fou de prendre un bon bain d'eau brulante ou bien tout simplement un délicieux chocolat chaud devant la télé... Mon père s'arrêta cinq petites minutes devant une jolie petite maison avec un jardin impeccable, sans me justifier quoi que ce soit. J'en profitai pour m'aérer un instant, adossée contre la voiture. Je pensais à beaucoup trop de choses pour les décrire une par une. Je demeurais ici jusqu'à son retour qui pris un peu plus de temps qu'il l'avait prédit.


Enfin je lâchai ma valise, que, en passant, j'avais eu beaucoup de mal à monter, au sol qui fit retentir un bruit sec et fort. Je fermai les yeux et respirai une grosse bouffée de l'air parfumé et frais qui flânait à travers ma chambre. L'atmosphère me rappelait d'innombrables souvenirs, tous aussi géniaux les uns que les autres. J'observai tous les recoins, réfléchissant un peu sur la disposition des meubles, et même les meubles eux-mêmes. J'avais beau être partie pendant deux semaines, cette excursion m'avait finalement pas mal changé. Je n'allais donc pas m'ennuyer durant les prochains derniers jours.
J'entendis le son de la radio venant de la cuisine, que mon père venait certainement d'allumer. Un léger sourire se dessina sur mes lèvres puis je pris la direction de mon bureau avec les grincements de ma vieille veste en cuir noir. Je retrouvai mes affaires rangées soigneusement mais une enveloppe au centre de mon sous-main attira mon attention. Une face complètement vierge. Ni informations de l'expéditeur, ni même timbre postal. Je soulevai avec délicatesse le coin de l'objet anonyme cependant j'abandonnai mes actes et décidai de commencer par me dévêtir et me déchausser afin d'être plus à l'aise. Je tirai donc le siège pour ensuite délaçai mes chaussures ainsi que tout le reste. Une fois débarrassée de tout mon barda, l'enveloppe en face de moi et étalée sur le dessus de mon lit, j'entamai l'ouverture de cet emballage. J'étais curieuse de savoir ce qu'elle contenait car, dans la voiture, mon père m'avait présagé une surprise qui m'attendrait dans ma chambre. Peut-être étais-ce cette « lettre » ? J'extirpai donc le papier de son entourage et découvris une écriture qui me fis directement sourire. Bien entendu, je n'attendue pas une minute de plus et commençais à dévorer ce qu'elle me racontait. Depuis le temps que j'attendais ce moment...


« Coucou ma chère Emma. J'espère que tu vas bien après tout ce temps où je ne t'ai pas écrit. Je sais, ce n'est pas très gentil de ma part. Tu as dû te faire du soucis, tu devais peut-être te demander où j'étais, ce que je faisais. C'est bien trop compliqué pour tout te raconter dans cette lettre. Si tu savais le nombre de chose que j'ai à te raconter... En tout cas, saches que tu me manques énormément. J'ai vraiment besoin de sentir ma meilleure amie auprès de moi. Je ne sais même pas comment est ton nouveau lycée, depuis le temps... et comment va Jay ? Je lui passe le bonjour si tu acceptes de le faire pour moi. J'espère que l'on pourra se voir le plus vite possible. Si tu veux, j'ai des nouvelles d'Eliott. Il m'a demandé de t'embrasser pour lui et de te dire que tu lui manquais aussi. A mon avis, il y a des sentiments non effacés, si tu vois ce que je veux dire. Il a un peu pris la grosse tête ces derniers mois car il a eu pas mal de conquêtes. Mais il m'a confié beaucoup de choses, que j'aimerais bien te raconter, mais je le trahirais... Tu comprends ? Dis-toi juste qu'il meure d'envie de te revoir. Et puis... Vous étiez tellement mignons tous les deux[...] Moi de mon côté... Je ne t'avais sûrement pas appris ma rupture avec Antwon. Ca m'a fait très mal c'est sur. On ne termine pas presque un an de relation en souriant. J'avais vécu beaucoup de choses avec lui. Mais bon. Voyons le côté positif des choses. Disons qu'il aura été ma première vraie grande expérience sentimentale. Si tu savais pourquoi... Tout doit t'être dit. Sur ceux, je vais te laisser... Je dois accompagner Miguel à son cours de Guitare. Tu t'en rappelles ? Avec le beau violoniste ![...]
Je t'embrasse fort. A bientôt, tu n'as peut-être pas encore discuter beaucoup avec ton père...
Je t'aime. Eve. »


Ces mots me laissaient de marbre. J'étais submergée par l'envie d'en savoir plus sur ces huit mois, sur elle, sur tout... Elle me manquait aussi, plus que tout le monde le croît. Ce texte qu'elle avait écrit avec son c½ur, ses pensées, me touchait sensiblement. C'était la plus belle surprise que mon père puisse me faire en rentrant. C'est pour ça que je l'aime, il est formidable. A mes yeux, il sera toujours le meilleur.




*




La clarté de la nuit apparaissait dans le cadre de la fenêtre de ma chambre. J'avais fais attention à n'allumer que quelques lumières chaudes qui créerait une bonne ambiance. Depuis ma fabuleuse lecture, des nouvelles de ma meilleure amie, j'étais descendue remercier mon père qui rangeait quelques courses et m'annonçant l'heure du repas. Sur ceux, j'étais allée me planter sous les jets d'eau chaude de la douche, me vidant la tête de toutes les horreurs du monde.
Enfin propre, habillée décontractée mais l'estomac vide, j'étais affalée sur mon lit rêvassant à des choses diverses et variées. Soudain, une promesse que j'avais faite dans l'autre monde me revînt tout de suite. En effet, à mon départ, vous souvenez-vous, j'avais prévenu le groupe que je l'appellerai à mon arrivée. Avec le décalage horaire, il devait se trouver en plein milieu de l'après-midi, ce qui était plutôt favorable à moins qu'ils soient occupés. Sans attendre plus longtemps, je tapotais le premier numéro inscrit sur le papier qui était celui de Bill...
Un bruit sourd m'arracha les tympans puis un « Halo » plein de douceur m'apaisa tout de suite l'écoute :

- Halo... C'est...
- Attends cinq minutes s'il te plaît,
m'interrompit-il. Hey oh ! J'ai un appel ! Vous pouvez stopper deux secondes ?! Demanda-t-il.

A l'autre bout du fil, je pouvais percevoir les sons des cordes de guitares et de basses, ainsi que les cymbales et coup de baguette sur caissons de Gustav. Aussi des voix, graves au contraire de celle de Bill, puis des rires. Je patientai comme il me l'avait demandé, sauf qu'il ne savait toujours pas que c'était moi.

- Désolé... Je t'écoute ?!
- C'est pas grave, riais-je légèrement, oui donc... C'est Emma !
- Oh Emma ! Je suis désolée pour avant, on est en répétition... Tu es bien arrivée ? David nous a dit qu'il avait eu de tes nouvelles. Dit-il précipitamment.

Lorsque Bill eût prononcé mon prénom, je me fus une nouvelle fois détruire les oreilles par les impacts de chaises au sol, additionné à des cris de joies de Monsieur Tom qui se prit une jolie vanne par Georg ensuite. Gustav aussi vînt parler entre deux répliques de Bill et moi. Mon père devait s'interroger sur mes rigolades qui avait pour cause, la colère de Tom :

- Bill !!! Passe-la-moi, ça fait vingt minutes que tu l'as rien que pour toi là ! Hurlait-il.
- Attends, je vais aller m'enfermer dans une pièce. M'annonça Bill. Sale égoï...

C'est au bout d'environ deux minutes qu'il réapparût au bout du fil.

- Voilà, c'est bon. Je suis tranquille. Alors, ton voyage s'est bien passé ? Tu as bien retrouvé ton père, ta maison ?
- Oui... Le voyage était bien. Et je suis très heureuse d'avoir retrouvé mon père et ma maison. Et vous, comment allez-vous ? Gustav, Georg et Tom ?
- Oh, nous ça va très bien. Tu nous manques beaucoup, ça fait un vide sans toi dans l'hôtel... Mais on va bientôt partir. Demain ou après demain je crois, je regarderai sur le planning du groupe. Et puis Gustav et Georg vont très bien. Tom est un peu plus excité que d'habitude mais sinon tout va bien.

- Emma ! Le dîner est prêt ! M'annonça mon père en se faisant entendre dans toute la maison et donc en coupant court à notre conversation.
- Ok, je suis contente alors. Bon, je vais aller manger, mon père vient de m'appeler.
- Tu rappelles plus tard ?
- D'accord, mais pas trop longtemps... parce qu'avec le décalage horaire, il est tard. Et puis... faudra que je communique avec Tom aussi. Parce que sinon, il va faire la tête.
Bill et moi rîmes faussement.
- Pas de problèmes. Bon et bien, bon appétit, bisous, à tout à l'heure.
- Oui... merci, et fais un bisou aux autres de ma part. A tout à l'heure...



Laissant place au Bip sonore de fin de communication. Cela m'avait fait du bien d'entendre leurs voix à tous. Pour ne pas faire attendre mon père, je dévalai les escaliers et entrai dans la cuisine en trombe. Il était assis à sa place et m'adressa un magnifique sourire. La table était dressée simplement, et les mets étaient des plus simples. « Petit retour en arrière dans la vie familiale » Je m'installai donc en face de lui et commençai à manger goulument. Il prit la parole, me demandant si mes devoirs étaient achevés, ce que j'avais prévu pour ces derniers jours, etc. Le store de la cuisine était descendu et la douce odeur du dîner chatouillait mes narines. Puis il entama un sujet qui me surpris joyeusement :

- Tu sais quoi ? Je vais te dévoiler maintenant mon cadeau pour Noël... Les doutes et les hypothèses commencèrent à se bousculer dans ma tête. Je le regardai d'un air interrogatif avec un large sourire aux lèvres. Sans oublier que c'est demain soir ! Demain matin, je vais chercher quelqu'un de spécial à l'aéroport, qui va séjourner les derniers jours avec nous...
- Oh ! Je déteste les surprises papa ! Grognai-je ironiquement.

Qui pouvait bien venir pour fêter les fêtes avec nous ? Evidemment, afin que je n'insiste pas pour l'accompagner, il me planifia toute la journée suivante avec « préparation de la table », « achat de quelques cadeaux » alors que je ne savais même pas qui était la personne...

Après le repas, je regagnai ma pièce et feuilletai des magasines allongés sur mon lit. Toujours la même question dans la tête et à coup sur, je n'allais pas dormir de la nuit. Le bruit de la télévision provenant du salon pénétrait dans ma chambre. Emma soupirait, submergée par les évènements. Mon téléphone se mit à vibrer ce qui me fit un haut le c½ur, ainsi qu'un sursaut brutal.

- Allo ?
- Bonjour charmante demoiselle !
dit une voix assez rauque d'une manière érotique cela dit, je savais très bien de qui il s'agissait.
- Tom !? riais-je

Mon interlocuteur acquiesça, puis nous déviâmes sur des sujets de conversations qui me firent rire pendant des heures, de même pour lui.




# Posté le samedi 02 février 2008 09:05

Modifié le mardi 24 juin 2008 15:46

Chapitre 16

Chapitre 16
Le lendemain arriva très vite. J'avais passé des heures au téléphone et m'étais endormie beaucoup trop tard pour quelqu'un de crever. Je m'y un certain temps à daigner quitter ma couette douillette mais conservant des yeux mi-clos et une bouche horriblement pâteuse. Ma chambre était sombre cependant, de faibles jets de lumières s'infiltraient par quelques anomalies du store blanc. Je n'attendis pas plus et m'engouffrai dans le couloir pour espérer trouver mon paternel m'attendant avec un petit déjeuner tout près à être déguster. Seulement, comme il me l'avait prédit la veille, il était partit. Un peu de solitude ne me ferait tout de même pas de mal, histoire de réfléchir sur ma vie, en quelque sorte. Je me préparai donc un bon café bien chaud ainsi qu'un jus d'orange frais et m'asseyais dans la véranda, observant mon jardin et ses arbres défeuillés. Je ne m'en rendais peut-être pas compte, mais je reprenais le lycée dans trois jours. Je peux vous dire que je hais ce lieu... Non pas pour ces cours mais plutôt pour les gens qui le composent. Ils ont tous une mentalité de snobbinard incorrigible ne se demandant jamais ce qu'ils font ici. Quand on les croise du regard et qu'on leur adresse un gentil sourire de sympathie, la seule réponse qu'ils t'envoient, c'est de la neutralité. Dans cet établissement ou plutôt cet énorme campus, je croise tous les jours ces mêmes-personnes, certaines m'ayant fait souffrir comme des criminels de c½ur. Le plus souvent, je ne parle à personne. Sauf quand on m'adresse la parole ce qui est surtout le cas quand on a besoin d'un service. Je préfère néanmoins ne pas étendre ma vie à ceux qu'on appellerai des « amis »...

Je vidais ma tasse de café gorgée par gorgée et terminais ma profonde pensée. Une fois décollée de la chaise, je montais à l'étage et enfilai des vêtements décontractés afin d'être plus à l'aise pour préparer la maison aux fêtes. Je devais monter le sapin, faire la chambre d'invités et dresser la table pour le dîner du soir. Sans oublier les cadeaux.


[...]




Je ne vous ai peut-être pas tout raconter mais sachez que j'eus le souffle coupée pendant environ deux ou trois minutes histoire de me remettre de mes émotions. Ce sourire qui réveilla le mien et qui raviva mon c½ur. Depuis toute petite je n'avais pas apprécié les fêtes comme une vraie enfant mais maintenant tout sera différent grâce à mon père. Lui qui me connaît par c½ur et qui sait me faire réellement plaisir.
Cela fait une journée et demie qu'elle est avec moi et une journée et demie que je passe à lui raconter ma vie et à parler, à rire avec elle et à l'observer plus rayonnante que jamais. Je pense que vous savez pertinemment de qui il s'agit, je n'ai pas besoin de vous faire mariner plus longtemps. Ma meilleure amie, ma Eve, mon c½ur.
Si vous saviez comme elle est magnifique, jamais je n'ai trouvé de pareil visage. C'est un ange, une personne admirable, pleine de joie et d'énergie et qui sait semer la bonne humeur autour d'elle. J'aimerais tellement rédiger un roman à son sujet sur tout l'amour que je lui porte mais le pauvre devrait avoir des pages à rallonge.
Nous avions passé des jours formidables mais, malheureusement, la veille de son départ arrivait à grand pas ainsi que le jour où j'allais remettre les pieds à travers ce lycée. C'est pour cela que je profitais pleinement d'elle et je commençais vraiment à comprend pourquoi certaines personnes parlaient de vivre chaque seconde de leur vie.
A ce moment où je vous divulgue mes pensées, j'arborais une discussion très intéressante avec elle, assises sur le sol de ma chambre et patientant les pizzas que mon père avait commandées.

- Ah oui au fait !! Ton père m'avait dit rapidement que tu étais allée à Paris !! Et tu ne me racontes même pas ? Me lança-t-elle avec le sourire.
- J'attendais que tu me le demandes, riais-je, c'était vraiment formidable. J'ai passé mon séjour dans un hôtel superbe en compagnie d'un groupe de rock très sympathique et cela m'a fait découvrir les coulisses des concerts et des studios d'enregistrement. J'ai beaucoup apprécié.
- Mais raconte-m'en plus ! Une semaine seule dans un hôtel, j'en aurais profité pour faire plein de rencontres...
- Rassures-toi j'en ai fait...Ce groupe de rock là. Je ne me souviens plus trop du nom mais se sont des jeunes de notre âge, ils sont quatre et très mignons, si tu veux tout savoir. La narguais-je.
- Quatre jeunes rocks stars pour toi toute seule dans un palace parisien. T'avais la belle vie ma vieille. Faudra que tu me les présentes.
- Compte là-dessus ;) Mais alors, et toi, c'est vraiment fini avec Antwon ?
- Oui j'ai tourné la page il y a longtemps. Mais ne parlons plus lui...C'est juste mon premier amour de jeunesse. Tu sais que je suis toujours en contact avec Elliott...
s'empressa-t-elle de continuer.

Ces conversations allaient de sujets en sujets et ne s'arrêtaient jamais. On avait tellement de choses à se dire et à se dévoiler. Je ne vous avais pas non plus parlé de son petit caractère qui la faisait si différente des autres. Elle était très coquette et très curieuse comme fille mais d'une âme quelque peu sensible qu'elle ne fera jamais voir. C'est une demoiselle qui tient beaucoup à sa fierté...
En prévisions pour la soirée, nous avions opté pour un dvd de classe comédie pour nous rappeler le « bon vieux temps » et, avec la demande poussée d'Eve, prévue de passer un coup de fil rapide, le contraire je pense, à l'autre bout du monde. Eve insistait aussi intensément pour que j'écrive un petit mot à Elliott et le contacte dans la soirée ce qui était hors de questions.
Mon père nous appela à table mettant fin à notre passionnant échange sur la prochaine tendance de cet été.

Le repas se faisait dans la gaieté et la bonne humeur. Des esprits décontractés et ne pensant rien d'autres qu'à se conter leur temps perdu. A sa dernière part de pizza, mon père m'avait précisé qu'il s'absenterait une petit heure après ne me précisant pas son lieu de rendez-vous.

- Papa, tu n'prends pas de dessert alors ?
- Non, il faut que je file... je suis déjà presque en retard.
- Tanpis, ça fera plus de Cobbler pour Eve et moi.
Le taquinais-je, lui qui adorait le Cobbler aux mûres.

Il me donna une petite tape vive sur la tête après avoir rapidement rit et s'éclipsa derrière un claquement de la porte d'entrée.



[...]



Les heures que l'on passa devant ce film furent remplies de fou-rires et de discussions mais la suite allait devenir beaucoup plus intéressante...


# Posté le mardi 25 mars 2008 15:35

Modifié le mardi 24 juin 2008 15:46

Chapitre 17

Chapitre 17
En effet, comme Eve me l'avait tant répété pendant le repas ou même le film, nous appelâmes les garçons à l'autre bout de la Terre pour que je leur présente bien-évidemment ma meilleure amie. Tom fut tout à fait réjoui de rencontrer une nouvelle fille, cela ne m'étonnait pas de lui. Puis pendant que j'allai fermer les volets des pièces du rez-de-chaussée, je la laissai discuter avec Georg qui était d'autant plus ravi que Tom.
Je vais vous faire une sorte d'ellipse sur tous les évènements qui s'étaient produits durant les mois qui suivirent cette discussion au téléphone. Bien sur, nous sortîmes enfin de l'hiver frigorifique, quittant tous les gros manteaux, les écharpes et toutes les autres tenues nous faisant ressembler à des boules de neige. J'avais continué ma petite vie avec mon père et Eve était retournée chez elle après les fêtes. Elle me manquait beaucoup. Nous nous écrivions souvent et dépensions des sommes inconsidérables en téléphone...

Un an et demi passa. Ce fut une bonne année, remplie de bonnes nouvelles, de joie, d'amitié, d'amour mais aussi d'absences. J'ai beaucoup de choses à vous raconter : tout d'abord Eve et moi nous sommes revues plusieurs fois, notamment pendant les grandes vacances d'été où nous avons passé deux semaines dans une ville magique du sud de la France. Je vous laisse imaginer tous les délices que l'on peut trouver là-bas. A la rentrée dernière, mon père et moi avions redéménagé dans notre ancienne ville, c'est-à-dire, là où j'ai fait la plus belle rencontre de ma vie. Eve évidemment. Je ressortais avec Elliott, mon ex petit-copain et tout se passait très bien comme dans le meilleur des mondes.
L'année dernière, pendant les mois qui suivirent des fêtes de Noël, je recevais des nouvelles des garçons du groupe régulièrement. Ils enchaînaient les concerts en Europe offrant à leurs fans d'inoubliables tournées. Tout allait bien pour eux aussi. Mais le temps passa, les e-mails de deux pages diminuaient en e-mails de deux phrases assurant qu'ils étaient toujours là, leurs coups de téléphone se transformaient en de simples sms. Et tous se faisaient de plus en plus rares. Jusqu'au temps où je ne reçu plus rien... Je me rappelle encore du dernier communiqué que j'avais pu lire de leur part, encore une répétition, toujours les mêmes mots : « Nous allons très bien et espérons te revoir bientôt.
Bien sûr, je continuais à suivre leurs activités par le biais d'internet et m'étais même récemment acheté leur album qui vient de sortir aux USA. Peut-être m'avait-il oublié ou était-ce simplement un manque de temps ? Le plus important c'est qu'ils soient aussi gais dans leur travail que lorsque je les ai rencontrés.
Au mois de février dernier, j'eus passé une semaine à Paris avec Eve chez la cousine de son père. Cette grande cité me remémorait pleins d'agréables souvenirs et surtout cet hôtel. Je l'ai fait visiter à Eve lui montrant les chambres –si elles n'étaient pas occupées- où nous avions résidés. J'y retrouvais les odeurs de propre, la luminosité des grandes portes-fenêtres, tout un souvenir contenu entre quatre murs.

Le mois de juin était chaud, le soleil tapait toute la journée, les bords de mer étaient peuplés de californiens ou de touristes et les snobinnards des villas huppées venaient se montrer et dépenser leur argent le long des promenades.

- Chérie, qu'est ce que t'as prévu aujourd'hui ? me demanda mon père entre deux souffles
- Eh bien, la même chose qu'hier, plage.

Oui je ne faisais que ça, tous les jours. En compagnie d'Eve et de nos copains, nous nous retrouvions tous sur une minuscule plage, toujours déserte et l'eau y était transparente.

- Je vais en ville voir quelqu'un et je pense ne pas être là pour dîner. Ca te dérange pas d'aller manger chez Eve ?
- Non pas du tout.


Depuis plusieurs jours, mon père allait souvent en centre-ville voir « quelqu'un » et j'étais très curieuse de savoir de qui il pouvait s'agir.



Nous passâmes donc l'après-midi allongé sur le sable avec d'autres amies et amis, parfois les garçons nous surprenaient en nous arrosant pas surprise, les rires et les cris résonnaient contre les parois de la falaise et l'horizon me plongeait dans des réflexions pensant toujours à la même chose ou plutôt, aux mêmes personnes...

- Regardez ce qu'on a apporté !! S'exclamèrent Elliott et Greg, un autre garçon du lycée.

De leur sac, ils sortirent chacun deux bouteilles d'alcools et des paquets de cigarettes afin de passer la soirée ici. Nous allions faire la fête comme nous en avions l'habitude, frôlant l'overdose, étant dans un état second, oubliant le monde et ses banalités : tout effacer.
En tant qu'adolescents révoltés et futurs adultes, nous enchaînions les fêtes déjantées et les soirées alcoolisées.



*



Une semaine plus tard.
Mon père et moi étions dehors à préparer un barbecue. La fumée sentait la viande grillée. J'aimais beaucoup ce genre de repas « familial. On entendait les tondeuses à gazons marchées, des sauts dans les piscines voisines, des gens parlés.
Mon père m'annonça soudainement l'arrivée d'un invité ou plutôt d'une invitée surprise. S'agirait-il de la personne qu'il voyait tous les jours en ville ? Mon père aurait-il trouvé l'autre moitié de son c½ur ? Eh oui, des questions me trottaient dans la tête à ne plus savoir laquelle était la plus absurde. Je patientai donc assise sur ma chaise, les gâteaux apéritifs sous mon nez m'appelaient, je chiffonnai ma serviette avec ma main. Mon paternel s'absenta pour aller ouvrir à la mystérieuse inconnue. J'entendais des voix venant du salon, puis des ombres apparurent derrière la vitre.
Mon regard se posa immédiatement sur la première personne qui passa le bas de porte. Ce fut une grande femme, à la carrure plutôt longiligne, des cheveux longs et blonds mais surement balayaient deux ou trois fois et un visage... un visage qui ne me parut pas méconnaissable. Elle était chiquement habillée, je dirais très « à la mode.
Je bafouillai des paroles de politesses et elle me souriait. Mon père aussi souriait. Je me demandais si quelque chose de louche se tramait derrière tout ce scénario. Ils s'assirent à table avec moi et nous commençâmes à converser. Elle était très sympathique comme adulte et on sentait qu'on pouvait facilement avoir une complicité avec elle. Son nom était Eloïse.
J'apprenais beaucoup de choses sur elle, elle était passionnante, captivante, intéressante. D'où son métier de rédactrice en chef d'un magasine people californien. Cette femme savait parler aux gens, porter leur attention sur elle et de plus, elle avait beaucoup de charme. Rien que de voir mon père la dévorer du regard et l'écouter comme il l'écoute, je compris qu'il ne pouvait être qu'amoureux d'elle.

- Vous aimez rencontrer ces stars et leur poser pleins de questions sur leur vie privée ? Demandai-je au cours de la conversation.
- Oui mais sache que ce n'est pas leur vie qui m'intéresse le plus. Ce qui me fascine dans ce travail, c'est de trouver le point culminant, le pourquoi de l'intérêt à cette personne, son talent particulier qui fait d'elle quelqu'un d'à part. Et quand tu découvres la réponse, tu es gagnant et fier de toi. Bon, parle-moi un peu de toi, tes études, tes amis...

Je lui déballai un petit résumé global des dernières années qui venaient de s'écouler sans y rajouter tout un tas de détails inutiles. En parlant vaguement de mon voyage à Paris, elle m'apprit qu'elle eut à faire à la vague Tokio Hotel dans son magasine et qu'elle avait déjà eu la chance d'obtenir une petite interview pour faire connaître le groupe ici.

# Posté le mardi 08 juillet 2008 14:26